Eglises d'Asie

Plus de 3 000 catholiques sud-coréens prient à Séoul pour la réconciliation nationale

Publié le 25/06/2019




Un temps de prière a été organisé, le samedi 22 juin dans l’auditorium du lycée Dongsung, dans l’archidiocèse de Séoul, pour la réconciliation, l’unité et la paix de la péninsule coréenne. L’événement était organisé par le Comité pour la réconciliation nationale de l’archidiocèse de Séoul, dans le cadre de la Journée nationale de prière lancée par la conférence épiscopale coréenne en 1965. La journée a lieu tous les ans le 25 juin, le jour de l’attaque de la Corée du Nord contre la Corée du Sud, qui a marqué le début d’une guerre fratricide tragique. Près de 3 000 personnes étaient rassemblées dans l’auditorium pour la messe, qui était suivie d’un chapelet et d’une présentation de l’Église en Corée du Nord.

Le 22 juin à Séoul, le cardinal Andrew Yeom Soo-jung, archevêque de Séoul et administrateur apostolique de Pyongyang, concélébrait la messe pour la réconciliation, l’unité et la paix de la péninsule coréenne, aux côtés de Mgr Matthew Hwang, vicaire de l’administrateur apostolique de Pyongyang, du père Achille Chung Se-teok et du père Luke Lee, respectivement chef et chef adjoint du Comité pour la réconciliation nationale de l’archidiocèse de Séoul, et d’une douzaine de prêtres de l’archidiocèse. Dans son homélie, le cardinal Yeom a souligné l’importance de la prière, du pardon et de la réconciliation pour construire la paix dans la péninsule coréenne. « Malgré la triste réalité qui veut que les efforts de l’année précédente pour la dénucléarisation de la Corée du Nord et la paix de la péninsule n’ont apporté aucuns résultats concrets dignes d’être mentionnés, nous sommes tous plus conscients que jamais de l’urgence de la prière, de tout notre cœur, pour atteindre ces objectifs. Cette prière est également un service précieux que notre Église peut et doit apporter à notre nation et aux peuples du monde entier », a-t-il déclaré. Le cardinal Yeom a également parlé d’une campagne de prière, intitulée « Garder une paroisse du Nord dans mon cœur », que l’archidiocèse de Séoul organise depuis 2015 afin de mettre en pratique le conseil du pape François durant son homélie, durant la messe qui a achevé sa visite en Corée du Sud en 2014, à savoir prier pour les 57 paroisses et les 52 000 fidèles qui se trouvaient en Corée du Nord avant la division de la Corée.

Pardon et réconciliation nationale

« En poursuivant cette campagne, nous sommes fermement convaincus que tant que nous ne les oublions pas, tant que nous prions pour eux, nos espoirs peuvent devenir réalité. Oui, vraiment, nous voulons continuer de nous souvenir et de prier pour nos frères et sœurs dans le Nord, qui souffrent de la répression des droits de l’homme et de l’absence de liberté religieuse, afin de demander à Dieu de protéger ceux qui ont dû vivre leur foi dans la clandestinité et malgré les persécutions », a poursuivi le cardinal. « En faisant cela, nous voulons également Lui demander de nous unir dans la prière avec eux et avec leurs souffrances », qui « ont été offertes comme une offrande sacrificielle pour la réconciliation et le salut de notre nation. […] Dans cette perspective, cette campagne de prière doit être un véritable mouvement de solidarité qui, bien qu’invisible, unisse le Sud et le Nord par la prière. » L’archidiocèse de Séoul a rappelé la puissance de la prière, soulignant combien cela s’est manifesté dans l’histoire récente. Ainsi, le cardinal Yeom a attribué l’effondrement du régime communiste soviétique au fait que l’Église avait offert la prière du rosaire, entre autres supplications et sacrifices, à la demande de Notre-Dame de Fatima en 1917 et durant l’année mariale de 1987-1988. « Même si nous n’avons pas encore atteint de véritables résultats malgré nos efforts pour la dénucléarisation de la Corée du Nord, pour l’humanisation et l’évangélisation de la société nord-coréenne et pour la paix de la péninsule coréenne, nous ne perdrons jamais espoir. Parce que tant que nous prions sans cesse avec une immense confiance en Dieu, nous sommes sûrs de l’emporter sur le mal et d’atteindre le miracle de la paix. » Le cardinal Yeom a assuré que la paix était possible, mais seulement par le pardon et la réconciliation, en citant le pape François : « Nous devons tous ‘demander au Seigneur de nous donner la grâce de pardonner, parce que c’est une grâce de savoir pardonner’. » Enfin, l’archevêque de Séoul a évoqué Marie, Reine de la Paix, en demandant son intercession « à ce moment critique de l’histoire de notre nation, afin que, malgré les difficultés et les impasses, nous parvenions à la paix véritable et au développement de la péninsule coréenne ».

(Avec Asianews)


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