Plusieurs dizaines de milliers de travailleurs vietnamiens quittent Hô-Chi-Minh-Ville face à la crise
Publié le 12/10/2021
Depuis le 1er octobre, plusieurs dizaines de milliers de Vietnamiens sillonnent les routes du sud du pays afin de rentrer dans leurs villages natals, en quittant les provinces de Hô-Chi-Minh-Ville, Binh Duong et Dong Nai. Un exode provoqué par la peur de la pandémie et par ses conséquences économiques. Ainsi, Nguyen V. Thien, qui a quitté Hô-Chi-Minh-Ville avec sa famille, explique être au chômage depuis plusieurs mois. La situation sanitaire, qui a empiré dans le pays depuis début juillet, a poussé les autorités à prendre des mesures drastiques, dont des confinements.
Ces derniers jours, une marée de deux-roues a encombré les routes quittant les provinces de Hô-Chi-Minh-Ville, Binh Duong et Dong Nai, dans le sud du Vietnam. Au cours de la semaine dernière, de nombreuses familles de travailleurs migrants internes ont fui les villes industrielles de la région pour rentrer dans leurs villages natals, poussées par la peur du Covid-19 et par une situation économique particulièrement difficile. Dès le 1er octobre, que ce soit à moto ou à pied, portant l’essentiel de leurs affaires sur leurs épaules, plusieurs dizaines de milliers de travailleurs vietnamiens ont commencé un exode rural afin de fuir les principaux foyers de contagion dans le pays et surtout la crise de l’emploi dans les grandes villes. « Nous avons autorisé temporairement ces travailleurs à rentrer dans leurs villes natales », a déclaré M. Loi, vice-directeur du département de la circulation de la police de Tan Tuc, dans la province d’Hô-Chi-Minh-Ville. « Ils se déplacent massivement et il est impossible de prédire quand cet exode prendra fin », a-t-il ajouté. Selon les premières estimations, les provinces d’An Giang et de Dong Thap ont assisté au retour, respectivement, de plus de 30 000 et 27 000 travailleurs. Pour les autorités, de tels chiffres ne sont pas seulement problématiques pour le trafic dans la région, mais surtout concernant les risques de propagation du virus. C’est le cas notamment à An Giang où 130 personnes sur 15 000 habitants de retour ont été testées positives au coronavirus SARS-CoV-2.
« J’étais au chômage depuis plus de trois mois »
« J’étais allé à Hô-Chi-Minh-Ville pour y travailler comme plombier », explique Nguyen V. Thien, sur la route avec sa femme et leurs deux enfants. « Je n’ai travaillé que durant un mois, puis la nouvelle vague a éclaté. Depuis, j’ai été au chômage pendant plus de trois mois à cause du virus, et je n’ai plus de quoi nourrir mes enfants. Nous avons roulé toute la nuit pour éviter les embouteillages en pleine journée », confie-t-il. Depuis début juillet, les taux d’infection au Covid-19 et les décès ont fortement augmenté au Vietnam. Le nombre de nouveaux cas a atteint un pic de 14 000 par jour durant la première semaine de septembre. La situation sanitaire a poussé le gouvernement à prendre des mesures drastiques, dont un confinement local dans les zones les plus affectées.
Face aux déplacements massifs, dès le 1er octobre, la police locale et des groupes de volontaires ont assisté les voyageurs le long des routes principales de la région. « Certaines familles sont parties à pied et se sont retrouvées à parcourir plusieurs centaines de kilomètres avant de pouvoir rentrer chez elles. Nous avons distribué de l’eau, du pain et du lait, surtout aux jeunes enfants », confie M. Kien, un volontaire. Il se souvient notamment d’une famille assistée par les volontaires, deux sœurs qui se déplaçaient à moto, et qui se rendaient à Dong Thap depuis la province de Binh Duong. « Elles s’étaient arrêtées pour une courte pause, et j’ai vu qu’elles avaient une photo dans les mains. Je suis allé les voir et je leur ai demandé qui était cette femme sur la photo. Elles m’ont dit qu’il s’agissait de leur mère, décédée du coronavirus le 3 septembre, et qu’elles ramenaient ses cendres dans leur ville natale. »
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