Eglises d'Asie

Plusieurs groupes marquent le 2e anniversaire de la mort en prison du père Swamy

Publié le 07/07/2023




Le père Stan Swamy, prêtre et militant social indien de 84 ans, est décédé le 5 juillet 2021 en détention après avoir été accusé à tort de sédition et de complicité avec des rebelles maoïstes. En 2022, une enquête menée aux États-Unis a conclu que l’ordinateur du père Swamy avait été piraté pour y placer des preuves falsifiées. Cette semaine, à l’occasion du 2e anniversaire de son décès, un groupe a demandé à la présidente indienne Droupadi Murmu de laver son nom des fausses accusations.

Le père Stan Swamy, décédé le 5 juillet 2021 en prison à l’âge de 84 ans.

Le 4 juillet marquait le second anniversaire de la mort du père Stan Swamy, décédé à l’âge de 84 ans après avoir passé plus de neuf mois en prison. Il avait été accusé de terrorisme sur des bases douteuses, en raison de son soutien des droits des indigènes au Jharkhand, dans le nord-est de l’Inde.

Vernon Gonsalves, qui a également été détenu à la prison de Taloja (Mumbai) en lien avec l’affaire connue sous le nom de « Bhima-Koreagon » (dans le cadre d’arrestations menées par les autorités locales après des affrontements violents, survenus en 2018 au village de Bhima-Koreagon, près de Pune au Maharashtra), a témoigné de cette rencontre à l’occasion de cet anniversaire.

Parmi les faux coupables « fabriqués » par la police de Pune en lien avec l’affaire se trouvait en effet le père Swamy, le plus âgé des accusés. Le prêtre était accusé par les autorités indiennes de sédition et de complicité avec les rebelles maoïstes, mais il a toujours nié ces accusations. Vernon Gonsalves, inspiré par un verset écrit en prison par le prêtre, « Même un oiseau en cage peut chanter », a rédigé un papier mardi dernier sur le site d’information indien Scroll, en mémoire du jésuite défunt.

« Peu après son arrivée en prison, il a commencé à chanter »

Il y raconte que le prêtre âgé chantait réellement en prison. « Peu après son arrivée en prison, il a commencé à chanter, littéralement. Il était logé dans l’hôpital de la prison, un vrai labyrinthe de petites cellules et de baraques », décrit-il. « À l’époque, une autre personne a été accusée dans le cadre de l’affaire Bhima-Koreagon, le poète VV Rao, qui se trouvait dans une cellule à proximité. Son état était critique à cause du Covid et de deux années d’incarcération sans accès aux soins. VV Rao devait être déplacé en fauteuil roulant », poursuit Vernon.

« Stan, qui était alors en meilleure santé, pouvait marcher et il lui rendait visite régulièrement quand c’était autorisé. Il chantait après le thé de 15 heures. Il s’asseyait à côté de VV et entonnait au moins un ou deux chants », précise-t-il. « Son répertoire était vaste, entre des chants du Jharkhand ou encore des chants en tamoul, sa langue maternelle. Sa voix était forte et mélodieuse », assure-t-il. « Nous l’accompagnions en chœur, en imaginant traverser les barreaux et les murs de la prison. C’était tout à fait thérapeutique pour tous. »

Pour lui, le fait de chanter aide à unir les détenus dans les prisons indiennes. « L’histoire de l’immense variété des chants en prison est une histoire en elle-même », confie-t-il.

« C’est une fausse affaire et elle doit être retirée »

Par ailleurs, un groupe militant indien a appelé la présidente Droupadi Murmu à laver le nom du père Swamy des fausses accusations de terrorisme. « C’est une fausse affaire qui a été montée contre le père Swamy et d’autres accusés, et elle doit être retirée », a défendu le père Antony P. M. lors d’un rassemblement organisé le 5 juillet au Jharkhand. Son groupe a tenu à s’adresser à la présidente indienne, elle-même originaire d’une communauté indigène de l’est de l’Inde.

Les militants se sont rassemblés devant la résidence officielle du gouverneur de l’État, à Ranchi, capitale du Jharkhand. « Si les autorités de la prison l’avaient bien traité, ou si les tribunaux avaient autorisé sa libération sous caution, je pense qu’il serait encore avec nous », souligne le prêtre.

(Avec Asianews et Ucanews)