Eglises d'Asie

Saravan : des chrétiens laotiens chassés de leur village pour avoir refusé de renoncer à leur foi

Publié le 16/10/2020




Le 10 octobre, d’après une source anonyme citée par RFA, sept chrétiens laotiens ont été chassés de leur village (dans la province de Saravan, dans le sud du Laos) pour avoir refusé de renoncer à leur foi. Depuis, les victimes sont forcées de survivre dans des bois à proximité du village. Selon d’autres sources anonymes, des membres de la communauté locale tentent de leur venir en aide, malgré la crainte d’être poursuivis à leur tour. Malgré une nouvelle loi pour la protection des chrétiens laotiens, votée récemment par le gouvernement, la minorité subit toujours des persécutions dans les régions reculées.

Sept chrétiens laotiens de la province de Saravan ont été chassés de chez eux pour avoir refusé de renoncer à leur foi. Aujourd’hui, ils sont forcés de survivre dans les forêts alentours. Plusieurs ONG et activistes ont dénoncé ce nouvel épisode de violation des libertés religieuses au Laos. Le pays, sous régime communiste, autorise pourtant, au moins officiellement, à tous les Laotiens de pratiquer leur foi. Récemment, les autorités de Vientiane, la capitale, ont même voté une nouvelle loi pour la protection des chrétiens dans le pays. Une source anonyme citée par Radio Free Asia (RFA) a commenté les violences subies par les sept chrétiens, qui seraient survenues le 10 octobre. Les victimes font partie de deux familles locales du village de Pasing-Kang, dans le district de Ta-Oesy, dans la province de Saravan, dans le sud du Laos. « Aujourd’hui, ces gens vivent dans une petite hutte dans les bois ; ils n’ont ni nourriture, ni vêtements, et ils n’ont personne vers qui se tourner », a expliqué cette source. Des témoins locaux, anonymes également par peur de représailles, ont ajouté que d’autres membres de la communauté locale échangent entre eux afin de tenter de venir en aide aux sept victimes. « Ils affirment que les autorités du village n’autoriseront pas aux proches des victimes ni à quiconque de leur venir en aide », ont signalé ces sources, qui explique qu’après plusieurs jours dans la forêt, les sept villageois chrétiens n’ont plus de riz ni d’autres aliments de base, et qu’ils appellent à l’aide pour pouvoir survivre. « Ils ont aussi besoin de couvertures, mais les membres de leurs familles ont trop peur, et ils craignent d’être chassés eux aussi de leurs maisons s’ils osent intervenir. »

À Vientiane et dans les autres grandes villes du pays, qui compte sept millions d’habitants dont une majorité de bouddhistes, les chrétiens représentent environ 2 % de la population. Ces derniers sont plus ou moins libres de pratiquer leur foi, au moins dans les villes. Mais la réalité est bien différente dans les régions rurales, où la minorité chrétienne subit régulièrement des menaces et des persécutions, souvent commises directement par les autorités locales ou avec leur soutien. Malgré une légère amélioration de la protection de la liberté religieuse, observée l’an dernier, les cas de violations et d’abus sont toujours rapportés régulièrement dans les régions les plus reculées. Parmi les groupes les plus visés, on compte les chrétiens appartenant à l’ethnie Hmong, réprimés par le régime communiste depuis la guerre d’Indochine. La minorité a été accusée par le gouvernement d’avoir collaboré avec les États-Unis durant la guerre. Début 2020, trois familles ont été chassées de leurs maisons, au village de Tine Doi (province de Sithon Thipavong), après avoir été dénoncées par les autorités locales pour avoir organisé des activités religieuses. Les autorités du village ont toujours refusé de préciser les charges qui pesaient contre eux.

(Avec Asianews, Vientiane)


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