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Sécheresse : le manque d’eau potable dans le delta du Mékong menace plus de 180 000 foyers

Publié le 27/03/2020




La sécheresse et la salinité de l’eau dans le delta du Mékong menacent les vies de près de 180 000 foyers de la région, dans le sud-ouest du Vietnam. Au cours des deux derniers mois, de plus en plus d’habitants ont été affectés par la crise environnementale, qui touche dix des treize provinces de la région, en particulier celles de Ben Tre, de Kien Giang, de Ca Mau, de Long An et de Tien Giang, qui ont déclaré l’état d’urgence dès le début du mois de mars. Le delta du Mékong, considéré comme le « grenier à riz » du Vietnam, fournit plus de la moitié des récoltes de riz du pays.

Selon les estimations du gouvernement vietnamien, plus de 362 000 hectares de rizières et 136 000 arbres fruitiers seront perdus cette année en raison de la sécheresse qui affecte le delta du Mékong, dans le sud-ouest du Vietnam. Le delta du Mékong souffre de la sécheresse et d’une forte salinité des eaux depuis 2016. Le niveau de l’eau est très bas, près de 20 % plus bas qu’il y a quatre ans. Dans certaines zones du delta, le Mékong est entre 0,1 et 1 mètre au-dessus du niveau de la mer de Chine orientale. Selon les experts, le manque de précipitations, la consommation excessive en eau des affluents et le trop grand nombre de barrages sont à l’origine de la situation. Une des conséquences directes est une pénurie d’eau potable pour la population locale, alors qu’un mètre cube d’eau potable peut coûter jusqu’à 200 000 dongs (7,84 euros). Nguyen The Hai vit dans le district de Can Giuoc, dans la province de Long An. Tous les jours, sa famille doit acheter de l’eau pour boire et faire cuire le riz, pour au moins 150 000 dongs (5,88 euros) par mètre cube. « Pour une famille de quatre ou cinq personnes, cela demande de dépenser au moins un million de dongs [39 euros] par mois, soit quatre à cinq fois plus que le coût du riz local », explique-t-il.

La société d’approvisionnement en eau (Water Supply Company) de la ville de Ben Tre, la capitale de la province de Ben Tre, souffre également de la pénurie avec le sel marin qui entre jusque dans ses canalisations. C’est pourquoi près de 57 000 familles (soit 205 000 personnes) doivent trouver d’autres sources d’approvisionnement en eau, à des coûts plus élevés. Dans la province de Bac Lieu, ces dernières années, les autorités ont construit un réseau de canaux afin de lutter contre la salinité de l’eau, mais ces derniers se sont asséchés. En plus de l’achat d’eau potable, beaucoup d’habitants doivent louer des réservoirs d’eau. Tran Kim Nhung vit dans le district de Phuoc Long. « Nous n’avons pas suffisamment d’eau potable depuis deux semaines », confie-t-elle. « Je dois acheter l’eau à prix fort pour pouvoir boire et cuisiner. Comme allons-nous survivre si nous ne pouvons pas nous procurer suffisamment d’eau potable ? Seuls ceux qui en font l’expérience peuvent comprendre à quel point l’eau est précieuse. » De son côté, M. Nguyen, qui vit à Hong Ngu, une municipalité de la province de Dong Thap, explique que « l’eau qui stagne dans les étangs contient des produits chimiques comme des engrais, des pesticides et autres pathogènes ». « Notre seul espoir repose sur la saison des pluies qui approche [ndlr : entre avril et octobre] », ajoute-t-il.

(Avec Asianews, Hô-Chin-Minh-Ville)


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