Eglises d'Asie

Selon Oxfam, d’ici fin 2020, la faim pourrait entraîner davantage de victimes que le Covid-19

Publié le 03/09/2020




Selon l’organisation Oxfam International, une confédération de vingt organisations caritatives indépendantes à travers le monde, qui vient de publier une nouvelle étude, la crise alimentaire sans précédent provoquée par la pandémie et le confinement pourrait entraîner davantage de décès que le Covid-19. L’organisation estime que d’ici fin 2020, la faim pourrait provoquer jusqu’à 12 000 victimes par jour à travers le monde – un chiffre qui serait nettement supérieur au nombre de victimes actuelles de la pandémie elle-même. L’étude souligne également un accroissement des inégalités et l’appauvrissement de plusieurs millions de personnes ayant perdu leur emploi.

Une distribution de colis alimentaires à Dacca, la capitale du Bangladesh.

Le monde tend vers une crise alimentaire sans précédent, provoquée par plusieurs mois de confinement, et qui pourrait entraîner plus de décès encore que le Covid-19. Selon une étude récente publiée par Oxfam, d’ici la fin de l’année, près de 12 000 personnes par jour pourraient mourir de faim, frappées directement ou indirectement par les conséquences du coronavirus. Un tel chiffre, qui serait bien supérieur au nombre de victimes de la pandémie elle-même, est lié à une augmentation de plus de 80 % du nombre de personnes pour qui la malnutrition est un facteur de risque décisif. Selon l’étude, près de 132 millions de personnes supplémentaires risquent d’être confrontées à la faim d’ici la fin de l’année 2020 – soit une augmentation trois fois plus importante que n’importe quelle hausse de la faim dans le monde depuis le début du siècle. La pandémie a rompu les chaînes d’approvisionnement alimentaires, ébranlé les économies nationales et érodé progressivement le pouvoir d’achat des consommateurs. Les analystes et experts remarquent également que le Covid-19 a mis en évidence d’importantes inégalités à travers le monde, aggravant les divisions sociales. De leur côté, les plus riches continuent d’accumuler les richesses à un rythme effréné, tandis que plusieurs millions de personnes ont perdu leur emploi et se retrouvent sans ressources pour nourrir leurs familles. En plus de la récession économique, les confinements prolongés et les chaînes alimentaires interrompues ont frappé lourdement le secteur de la distribution alimentaire. Même selon les scénarios les plus optimistes, les Nations unies estiment que la famine sera plus importante au cours de la prochaine décennie, comparé aux prévisions antérieures à la crise sanitaire. D’ici 2030, le nombre de personnes sous-alimentées pourrait atteindre 909 millions, contre une première prévision de près de 841 millions avant la pandémie. « Nous verrons les conséquences de cette crise durant plusieurs générations », assure Mariana Chilton, directrice du Centre contre la faim de l’université Drexel (Centre for Hunger-Free Communities). « En 2120, on parlera encore de cette crise », ajoute-t-elle. Selon elle, la crise alimentaire peut entraîner de véritables bouleversements politiques, à l’image du manque de ressources et de l’inflation qui ont poussé les populations chiliennes et libanaises à manifester l’an dernier. L’ONU craint notamment que « nos systèmes alimentaires se fragilisent » face à la crise.

(Avec Asianews)


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