Eglises d'Asie

Séoul annonce de nouvelles mesures face à la crise démographique

Publié le 21/09/2019




Face à la crise démographique qui se poursuit en Corée du Sud, le gouvernement a annoncé de nouvelles mesures destinées à contrer le déclin de la population et à s’adapter au vieillissement. En 2019, la Corée du Sud compte 14,9 % de plus de 65 ans. Selon les statistiques sud-coréennes, le pays devrait compter 46,5 % de plus de 65 ans en 2067. Selon l’ONU, une population est dite « vieillissante » si plus de 7 % des habitants ont plus de 65 ans, et « super-âgée » si le ratio atteint plus de 21 %. La Corée du Sud prévoit donc de revoir à la baisse l’organisation du service militaire et de l’armée, ainsi que la formation des enseignants.

La Corée du Sud a dévoilé une série de mesures destinées à contrer les défis démographiques qui menacent le pays. La Corée du Sud, quatrième puissance économique en Asie, tente de s’adapter face à la faiblesse du taux de natalité et à la population vieillissante. L’an dernier, le taux de fertilité du pays – le nombre d’enfants moyen par femme – a encore chuté pour atteindre le record de 0,98, un taux bien plus bas que le niveau d’équilibre de 2,1, qui lui permettrait de stabiliser la population autour de 51 millions d’habitants. Les statistiques sud-coréennes estiment que la population du pays risque de passer de 51,7 millions d’habitants en 2019 à 39 millions d’habitants en 2067. Selon l’agence de statistiques sud-coréenne, les personnes âgées de plus de 65 ans pourraient alors représenter 46,5 % de la population, contre 14,9 % aujourd’hui. Selon l’ONU, une population est dite « vieillissante » si plus de 7 % des habitants ont plus de 65 ans, et « super-âgée » si le ratio atteint plus de 21 %. La crise démographique « pose un grave problème qui menace le potentiel de croissance et la croissance durable en Corée du Sud », alerte Hong Nam-ki, ministre de l’Économie et des Finances. La menace du déclin de la population a poussé le gouvernement à adapter l’organisation de l’armée et le recrutement des enseignants. Les autorités sud-coréennes estiment que le nombre de personnes en service militaire dans l’armée risque de continuer de baisser pour atteindre 230 000 en 2025, puis moins de 200 000 après 2037, contre 350 000 en 2018.

Le gouvernement prévoit de réduire le nombre de soldats en service permanent, en se reposant davantage sur les technologies comme les drones armés ou les satellites de reconnaissance. Le nombre total des troupes devrait atteindre 500 000 personnes d’ici 2022, contre 599 000 en 2018. En comparaison, l’agence sud-coréenne estime que le nombre de soldats en service en Corée du Nord s’élève à 1,28 million. Le projet du gouvernement concerne également le service militaire pour les Sud-Coréens naturalisés. Ces dernières années, le nombre de personnes qui ont obtenu la nationalité sud-coréenne a dépassé 10 000, contre 11 270 en 2013, 10 924 en 2015 et 10 086 en 2017. Actuellement, tous les Sud-Coréens valides doivent effectuer un service militaire obligatoire de deux ans. Le gouvernement prévoit également de revoir le nombre d’enseignants en formation, afin de s’adapter à la baisse du nombre d’élèves dans les écoles. Les autorités estiment que le nombre de personnes âgées de 6 à 21 ans passera de 8,46 millions en 2017 à 6 millions en 2030. Cette chute reflète la baisse du nombre des naissances en Corée du Sud, d’1 million en 1970 à 326 822 en 2018. Cette tendance se poursuit alors que de moins en moins de Sud-Coréens se marient, et que les jeunes peinent à trouver un travail décent face au long ralentissement économique du pays.

(Avec Asianews, Séoul)


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