Eglises d'Asie

Séoul : les évêques catholiques sud-coréens s’opposent à une proposition de loi dépénalisant l’avortement

Publié le 10/10/2020




Le 7 octobre, le gouvernement sud-coréen a adopté un projet de loi dépénalisant l’avortement jusqu’à la 14e semaine de grossesse, et jusqu’à la 24e semaine de grossesse en cas de crime sexuel, de danger pour la santé de la mère ou de signes de graves malformations congénitales. Les Sud-Coréens ont encore 40 jours pour soumettre leurs opinions avant que la loi ne soit soumise à l’Assemblée nationale. La Conférence épiscopale sud-coréenne a réagi en appelant à protéger la vie « dès la conception ». Dès le 20 août, les évêques coréens avaient écrit au président Moon pour faire part de leurs craintes.

Une femme manifeste à Jongno-gu. À l’occasion du Jour de la Fondation, le 3 octobre à Séoul, Plusieurs groupes conservateurs ont protesté contre la dépénalisation de l’avortement.

Le gouvernement sud-coréen a adopté un nouveau projet de loi sur la dépénalisation de l’avortement jusqu’à la 14e semaine de grossesse, mais les évêques catholiques du pays ont dénoncé une violation du droit du fœtus à la vie. Le projet de loi adopté le 7 octobre prévoit également la dépénalisation de l’avortement après la 14e semaine en cas de crime sexuel, en cas de mise en danger de la santé de la mère ou en cas de signes de graves malformations congénitales du fœtus. Selon le ministère de la Justice, dans ces circonstances, l’avortement serait autorisé jusqu’à 24 semaines de grossesse. L’utilisation du mifépristone pour pratiquer des avortements serait également autorisée. Même si le projet de loi a été adopté par le gouvernement, les Sud-Coréens ont 40 jours pour soumettre les objections avant que la loi ne soit présentée à l’Assemblée nationale. Le projet de loi a suscité de nombreuses critiques, notamment celles de la Conférence épiscopale coréenne, qui avait déjà fait part de son opposition en août, alors que le gouvernement finalisait le projet de loi. Le 20 août, dans une lettre envoyée au président Moon Jae-in, les évêques ont précisé leurs inquiétudes concernant la légalisation de l’avortement. Dans leur lettre, les évêques ont souligné que la vie humaine doit être protégée « dès la conception ».

La loi sud-coréenne interdit l’avortement en Corée du Sud depuis 1953. Des exceptions ont été introduites en 1973, notamment en cas de crime sexuel. Mais l’interdiction d’avorter a été annulée en avril 2019 par la Cour constitutionnelle, jugeant que cette interdiction « restreignait les droits des femmes de façon anticonstitutionnelle ». Le gouvernement a alors été sommé de proposer une nouvelle loi d’ici fin 2020. Les évêques ont insisté en affirmant que l’avortement n’est pas une solution aux problèmes liés au mariage et à la grossesse. Le 2 septembre, dans un message publié par la Conférence épiscopale coréenne sur son site web, ils ont souligné qu’une partie de ces questions pouvait être résolue en transformant la culture sociale actuelle qui voudrait rendre « les femmes seules responsables de leurs grossesses et des naissances ». Dans des sondages d’opinion publiés ces derniers jours, près des trois quarts des Sud-Coréens ont affirmé soutenir le nouveau projet de loi sur la dépénalisation de l’avortement. Dans les années 1960, le gouvernement a lancé une campagne destinée à réduire le nombre d’enfants par foyers. Aujourd’hui, le taux de fécondité en Corée du Sud est, avec 1,1 enfant par femme, le plus bas au monde sur 198 pays, selon le rapport 2020 du Fonds des Nations unies pour la population – loin derrière la moyenne mondiale de 2,4 enfants par femme.

(Avec Ucanews, Séoul)


CRÉDITS

Yonhap