Eglises d'Asie

Séoul : un ancien diplomate nord-coréen se présente aux élections parlementaires sud-coréennes

Publié le 12/02/2020




Thae Yong-ho, un ancien diplomate nord-coréen qui a fait défection en Corée du Sud en 2016, s’est présenté aux élections parlementaires sud-coréennes du 15 avril prochain. L’annonce a été faite le 11 février par le parti conservateur LKP (Parti de la liberté de Corée), principal parti d’opposition au Parti Démocrate centriste du président sud-coréen Moon Jae-in. Thae Yong-ho devrait se présenter dans la juridiction de Gangnam, un quartier aisé de Séoul où les conservateurs sont particulièrement représentés. S’il est élu, il deviendra le second Nord-Coréen à remporter un siège parlementaire dans le Sud après Cho Myung-chul, un économiste qui a fait défection en 1994 lors d’un déplacement professionnel en Chine, et qui a été élu en 2012 au sein du même parti du LKP.

Thae Yong-ho un ancien diplomate nord-coréen qui a fait défection en Corée du Sud en 2016, s’est présenté aux élections parlementaires sud-coréennes, qui se dérouleront le 15 avril prochain. Thae, qui se présente au sein du parti conservateur LKP, a déclaré qu’il souhaite travailler au service de la réunification des deux Corées, divisées le long du 38e parallèle depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Il a expliqué avoir décidé de se présenter aux élections quand le gouvernement sud-coréen a renvoyé deux Nord-Coréens au nord. Les deux pêcheurs ont été accusés d’avoir tué 16 membres de leur équipage avant de fuir dans le Sud. Thae Yong-ho, ancien ambassadeur nord-coréen au Royaume-Uni, est convaincu que le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un ne renoncera jamais à son arsenal nucléaire. Il a rejoint le parti LKP parce que selon lui, la politique d’ouverture du président Moon envers Pyongyang est irréaliste. Le président sud-coréen a tenté de jouer le rôle de médiateur entre les États-Unis et la Corée-du-Nord, dans la lignée de la politique du rayon de soleil (Haetbyeot jeongchaek) de ses prédécesseurs libéraux. Thae Yong-ho s’est réfugié en Corée du Sud avec sa famille en 2016 ; en Corée du Nord, le régime communiste l’a accusé d’avoir volé des fonds publics. Selon le ministère sud-coréen de l’Unification, plus de 33 000 Nord-Coréens se sont enfuis en Corée du Sud au cours des vingt dernières années. La plupart (24 000 d’entre eux) sont des femmes qui ont fui la pauvreté des régions rurales du nord. Quelques anciens hauts fonctionnaires et militaires nord-coréens ont également demandé l’asile politique dans le Sud. Le plus haut gradé d’entre eux à l’avoir demandé était Hwang Jang-yop, ancien cadre supérieur du Parti des Travailleurs au pouvoir en Corée du Nord. Hwang Jang-yop, qui est mort en 2010, était un proche de Kim Jong-il, le père du leader nord-coréen actuel.

(Avec Asianews, Séoul)


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