Eglises d'Asie

Sumatra : une religieuse indonésienne auprès des mères célibataires démunies de Lampung

Publié le 07/10/2020




Sœur Maria Katharina, 61 ans, une religieuse franciscaine du diocèse de Tanjungkarang, dans l’île de Sumatra, a fondé en 2016 l’Association des mères célibataires (Association of Single Mothers), un groupe qui intervient auprès de plus de 500 femmes de toutes origines sociales et religieuses. Via cette association, sœur Maria Katharina intervient auprès des mères célibataires démunies de Lampung, en les aidant à se former et en soutenant l’éducation de leurs enfants. La religieuse, qui a rejoint sa congrégation en 1978, explique que la situation est particulièrement difficile pour les mères célibataires qui ont plus de trois enfants.

Sœur Maria Katharina enseigne la couture à une femme au centre franciscain de formation de Lampung, dans le sud de Sumatra.

Sœur Maria Katharina, religieuse franciscaine, a été envoyée auprès des mères célibataires démunies de l’île de Sumatra, dans l’archipel indonésien. « Leurs vies ont été bouleversées par les violences domestiques ou à la suite du décès de leur mari », explique sœur Maria Katharina, du diocèse de Tanjungkarang. « La plupart n’ont presque rien, et elles vivent soit seules, soit avec des proches qui ne comprennent pas leurs besoins et qui ont tendance à les mépriser. » En 2016, sœur Maria Katharina a commencé à les aider en fondant l’Association des mères célibataires (Association of Single Mothers), un groupe qui intervient auprès de plus de 500 femmes de toutes origines sociales et religieuses. Via cette association, la religieuse leur enseigne différentes compétences pour les aider à gagner leur vie et à soutenir leurs familles, comme la couture, l’artisanat ou la coiffure. La religieuse les accompagne également pour l’éducation de leurs enfants. « Nous voulons les aider à devenir autonomes et à ne plus devoir se reposer sur la bonne volonté des autres », confie sœur Maria Katharina, 61 ans. La religieuse, qui a rejoint la congrégation des Sœurs de Saint François du Martyr Saint Georges à Lampung en 1978, explique que la situation est particulièrement difficile pour les mères célibataires qui ont plus de trois enfants, surtout en matière d’éducation supérieure.

« Beaucoup de leurs enfants finissent par quitter l’école au cours du collège ou du lycée, et ils deviennent des chanteurs de rue ou des travailleurs manuels sur les marchés », confie sœur Maria Katharina, qui travaille dans le diocèse de Tanjungkarang depuis qu’elle a rejoint sa congrégation. « Dans ce contexte, leurs enfants ont du mal à trouver un travail stable. » Pour aider la religieuse, d’autres mères célibataires qu’elle a formé dans le passé la soutiennent dans son travail. « Certaines d’entre elles ont pu gagner de l’argent en créant leur propre commerce, et d’autres ont pu trouver du travail », confie sœur Maria Katharina, qui assure qu’en faisant ainsi, elle cherche à répondre à l’appel de Dieu à venir en aide aux pauvres et aux marginalisés. La religieuse s’inspire aussi de l’esprit de pauvreté de saint François d’Assise et de la fondatrice de sa congrégation, sœur Maria Anselma Bopp. Sœur Maria Katharina explique que cet appel à travailler avec les pauvres a commencé alors qu’elle était une jeune religieuse, auprès des enfants des rues et des chauffeurs de pousse-pousse de Lampung. « Mon amour des pauvres, la joie que j’éprouve dans mon travail et les prières m’ont façonnée », poursuit-elle. Elle apprécie tout particulièrement le fait de travailler avec des personnes de toutes origines, dont des musulmanes, qui ne voient pas le fait qu’elle soit chrétienne comme un problème.

« Le visage du Christ au milieu des marginalisés »

Sœur Maria Katharina explique qu’elle a été marquée par les mots du pape François, qui a appelé les prêtres et les religieuses à être « des pasteurs pénétrés de ‘l’odeur de leurs brebis’ ». Pour elle, cela veut dire qu’elle doit être capable d’affronter la détresse et la souffrance des plus démunis, notamment parmi les mères célibataires. La religieuse rappelle également que le pape a invité l’Église à devenir une Église pour les pauvres. « Cela m’invite à agir, non seulement en priant, mais aussi en allant à la rencontre des gens et de leurs souffrances », confie sœur Maria Katharina, qui est également responsable de la Commission des sœurs franciscaines pour la Justice, la Paix et l’Intégrité de la Création, et qui fait partie de Talitha Kum Indonesia, un groupe dirigé par plusieurs congrégations religieuses féminines et qui intervient auprès des victimes de la traite des personnes. Suis, âgée de 40 ans, l’une des mères accompagnées par sœur Maria Katharina, confie que les formations qu’elle a reçues lui ont permis d’être plus indépendante et de soutenir ses trois enfants. « Je suis heureuse et fière de pouvoir aider à former d’autres mères célibataires, grâce au soutien de la religieuse », explique cette musulmane. Juli Nugrahani, du Secrétariat pour l’émancipation féminine de la Conférence épiscopale indonésienne, salue le travail de la religieuse. « Son engagement montre le visage du Christ et la mission de l’Église au milieu des marginalisés. »

(Avec Ucanews, Jakarta)


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