Eglises d'Asie

Tokyo : la crise sanitaire entraîne une hausse du harcèlement scolaire et du nombre de suicides chez les jeunes

Publié le 18/02/2021




Selon le ministère de l’Éducation du Japon, le pays a enregistré une augmentation annuelle de 40 % du nombre de suicides parmi les élèves, avec 479 suicides. Une hausse qui serait liée à la réouverture des écoles après plusieurs mois de fermeture, et qui s’est concentrée en juin et après le mois d’août – quand les cours ont repris en présentiel. « La réouverture des écoles est toujours un moment délicat », explique le père Marco Villa, PIME, qui a été missionnaire au Japon. « Je crains que cette année, le confinement a aggravé le harcèlement scolaire en ligne. Quand les élèves se rencontrent à nouveau, les problèmes ressurgissent. »

La réouverture des écoles après plusieurs mois de fermeture semble avoir entraîné une augmentation du nombre de suicide parmi les écoliers japonais – le ministère de l’Éducation signale une hausse de 40 % en un an, pour atteindre le triste record de 479 suicides courant 2020. Cette augmentation s’est particulièrement concentrée en juin et après le mois d’août, quand les cours ont repris en présentiel après les vacances d’été. En 2020, 14 élèves d’école primaire se sont donné la mort, contre 8 l’année précédente ; on compte également 136 collégiens (40 de plus par rapport à 2019) et 329 lycéens (92 de plus). Parmi les lycéens concernés, on compte une majorité de garçons (191 suicides, 21 de plus par rapport à l’année précédente). Parmi les lycéennes, on compte 138 suicides, soit près de deux fois plus par rapport à 2019 (71). « Ces dernières années, au Japon, les suicides d’adultes ont légèrement baissé, mais le problème semble s’aggraver parmi les plus jeunes », s’inquiète le père Marco Villa, secrétaire général de l’Institut pontifical pour les Missions Étrangères (PIME), qui a passé de nombreuses années au Japon comme missionnaire, et qui connaît bien ces questions psychologiques.

« La réouverture des écoles est toujours un moment délicat », explique-t-il. « Je crains que cette année, le confinement a aggravé le harcèlement scolaire en ligne. Quand les élèves se rencontrent à nouveau, les problèmes ressurgissent », souligne-t-il. « Les écoles ont des services d’accompagnement et des enseignants qui s’occupent de ce genre de situations, mais les enfants peuvent avoir du mal à se confier et à faire appel à eux. Ils voient leur situation comme un échec. » Le prêtre ajoute aussi que « la plupart du temps, les familles ne se rendent pas compte du problème tant qu’il n’y a pas de signes visibles qui se développent. Parfois, quand un enfant ne parvient pas à franchir la porte de l’école et souffre de phobie scolaire, cela peut être un signe alarmant ». Au Japon, poursuit-il, les enfants « doivent supporter beaucoup de pression dans une société qui est déjà ultra-compétitive dès les bancs de l’école ». « Ceux qui peinent à supporter ce poids peuvent se sentir exclus. »

(Avec Asianews, Tokyo)


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