Eglises d'Asie – Japon
Tokyo : un hôpital catholique japonais en mission face à la crise sanitaire
Publié le 26/05/2020

En 2021, l’hôpital célébrera le 50e anniversaire de sa fondation. Actuellement, le service des soins intensifs de l’établissement compte 11 patients. Leurs dossiers médicaux sont remplis de chiffres et d’acronymes. Les soignants sont équipés comme des cosmonautes ; le personnel intervient dans les zones dites rouges, jaunes ou vertes, tandis que les proches attendent dans des espaces réservés en portant des masques de protection. « Il est courant de n’observer aucun changement durant plusieurs semaines, avant de voir le patient finir par succomber », explique Fujitani, directeur du service, âgé de 54 ans. Selon le personnel hospitalier, 80 % des patients intubés ne s’en sortent pas. Le Dr Fujitani ajoute qu’une lente guérison est toujours source d’inquiétude pour les médecins. Il songe aussi au suicide d’un médecin de New-York, en service de soins intensifs, après avoir vu plusieurs dizaines de patients succomber. À l’hôpital Sainte Marianne, les soignants portent deux couches de gants, des visières et masques respiratoires ainsi que des blouses et surblouses médicales. Ils inscrivent les certificats de décès sur des iPads. À l’accueil, on peut voir des formulaires de consentement à l’essai de traitements expérimentaux, ainsi que la lettre manuscrite d’une personne endeuillée. « À vous tous qui travaillez malgré les risques d’infection, malgré vos propres inquiétudes et vos craintes, notre famille voudrait exprimer toute notre gratitude pour tout ce que vous avez fait », souligne ce proche. Yasunobu Tsuda, un infirmier dont la femme sort tout juste d’un congé de maternité, évoque la difficulté des conditions de travail pour les soignants face à la crise. « Quand vous rentrez chez vous, la première chose que vous voulez faire, c’est prendre votre enfant dans vos bras, mais vous ne pouvez pas. Je ne suis même pas sûr que mon enfant connaisse mon propre visage », ajoute Yasunobu Tsuda, qui porte un masque même à domicile.
(Avec Ucanews, Tokyo)
Crédit : Hykw-a4 (CC BY-SA 3.0)
