Eglises d'Asie

Un évêque appelle au retrait des groupes armés des zones tribales

Publié le 04/03/2020




Mgr Valentin Dimoc, de la commission épiscopale philippine pour les populations indigènes, a demandé le retrait immédiat de tous les groupes armés des territoires indigènes suite à la fuite de plus de 90 familles tribales. Alors que la guérilla se poursuit entre l’armée philippine et les groupes rebelles communistes, dont la Nouvelle armée du peuple (NPA), les évêques et responsables chrétiens continuent d’appeler le gouvernement à reprendre les pourparlers de paix – interrompus en 2017 par le président philippin Rodrigo Duterte, qui les avait traités de « terroristes » et accusés de rompre les accords de cessez-le-feu.

Mgr Valentin Dimoc, vicaire apostolique de Bontoc-Lagawe et responsable de la commission épiscopale philippine pour les populations indigènes, a lancé un appel au retrait immédiat de tous les groupes armés des communautés et territoires indigènes, suite à une récente incursion militaire. L’évêque a appelé toutes les forces armées, officielles ou non, à quitter les territoires indigènes suite à la fuite forcée de plus de 90 familles tribales de leur village, le 29 février dans la province de Surigao du Sud, dans le sud de l’archipel philippin. Ils fuyaient le village de Diatagon, de la municipalité de Lianga, après des raids de l’armée philippine contre des rebelles communistes, selon un communiqué du groupe humanitaire Karapatan. Un enfant de cinq ans serait parmi l’un des trois blessés suite à des échanges de tirs dans le village. L’armée, toutefois, a accusé les rebelles d’avoir tiré sur les civils pour les faire fuir. Le porte-parole de l’armée philippine, Ezra Balagtey, a déclaré que les rebelles essayaient d’empêcher « l’installation d’une école publique pour les enfants indigènes ». Il a assuré que c’était une manœuvre courante pour les rebelles et leurs partisans d’accuser les militaires de faire fuir les civils. Ils le font « pour nous pousser à retirer nos troupes », a-t-il ajouté. Cet incident a poussé Mgr Dimoc à appeler le Bureau du conseiller présidentiel sur le processus de paix et la Commission nationale sur les populations indigènes à interdire les groupes armés d’entrée sur les territoires indigènes en les déclarant « zones de paix ». L’évêque a soutenu que cette mesure peut permettre de prévenir les déplacements forcés et les violences qui effraient les populations indigènes au quotidien. Les responsables chrétiens ont renouvelé leurs appels, lancés il y a quelques mois, à relancer les pourparlers entre le gouvernement et les groupes rebelles afin de mettre fin à plusieurs décennies de guérilla. Le président philippin Rodrigo Duterte a mis fin aux négociations en novembre 2017 après avoir accusé les rebelles d’avoir rompu les accords de cessez-le-feu.

(Avec Ucanews, Manille)


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