Un évêque d’Assam appelle à mieux lutter contre l’accroissement des écarts de richesses en Inde
Publié le 23/01/2020
Une nouvelle étude du groupe international Oxfam a été publiée à Davos, en Suisse, ce lundi 20 janvier avant le 50e Forum économique mondial, organisé du 21 au 24 janvier. Le rapport indique que près d’1 % des Indiens les plus riches détiennent 42,5 % des richesses du pays, tandis que 50 % de la population indienne ne possède que 2,8 % des richesses. Mgr Thomas Pulloppillil, évêque de Bongaigaon dans l’État d’Assam, dans le centre du pays, a réagi en appelant le gouvernement à prendre une nouvelle direction afin de mieux faire face à cette situation. L’évêque déplore que malgré les politiques sociales votées par les gouvernements successifs en faveur des populations vulnérables, ceux-ci n’ont pas su combler les inégalités.
Mgr Thomas Pulloppillil, évêque de Bongaigaon dans l’État d’Assam, dans le nord-est de l’Inde, a réagi à une étude récente publiée par le groupe international Oxfam, une confédération de 20 ONG engagée dans la lutte contre la pauvreté et les inégalités, indiquant que seuls 1 % des habitants détiennent 42,5 % des richesses du pays. Selon l’évêque, il faut prendre une nouvelle direction politique afin d’éviter qu’en Inde, les plus riches puissent continuer de s’enrichir aux dépens des plus pauvres. En comparaison, selon l’étude d’Oxfam, 50 % de la population indienne détient seulement 2,8 % des richesses. « La répartition inégale des richesses est un caractère spécifique du capitalisme. Même si l’Inde n’est pas un État capitaliste, sa structure économique est telle qu’elle conduit à l’accumulation des richesses entre les mains de seulement quelques-uns », a dénoncé l’évêque, qui a initié plusieurs projets afin de mieux aider les pauvres et les minorités indigènes de la région. Selon la nouvelle étude, qui a été publiée le 20 janvier à Davos, en Suisse, avant la tenue du 50e Forum mondial économique du 21 au 24 janvier, les 10 % les plus riches détiennent 74,3 % des richesses, tandis que le reste de la population ne possède que 25,7 % des richesses. Mgr Pulloppillil a appelé le gouvernement indien à développer des politiques et des systèmes destinés à mieux distribuer les richesses du pays entre les citoyens. « Malheureusement, aujourd’hui, le système aide les riches à s’enrichir davantage, au détriment des pauvres », a-t-il ajouté. « Et cela continuera à moins que le gouvernement ne prenne des mesures adéquates. »
Le rapport d’Oxfam affirme que « l’accroissement des écarts de richesses contredit également la réduction de la pauvreté et entraîne des inégalités entre différents groupes sociaux, et notamment entre les hommes et les femmes, en termes d’accès à la santé, à l’éducation et à diverses opportunités ». Selon l’évêque, les gouvernements successifs ont certes légiféré pour apporter des aides sociales aux communautés défavorisées telles que les Dalits (intouchables) ou les fermiers, ainsi qu’envers les femmes, les personnes âgées et d’autres populations vulnérables. « Mais ils n’ont pas su combler les écarts de richesse », a-t-il souligné. Selon Oxfam, les écarts de richesses sont un problème à l’échelle planétaire, alors que les 2 153 milliardaires les plus riches possèdent plus de richesses que les 4,6 milliards d’habitants les plus pauvres, soit 60 % de la population mondiale. L’Inde compte 130 milliardaires (en dollars américains). Selon l’étude, seuls neuf d’entre eux détiennent autant que les 600 millions d’habitants les plus pauvres, soit 50 % de la population indienne. De plus, les 1 % les plus riches ont vu leurs ressources augmenter de près de 46 % l’an dernier, tandis que les ressources des 50 % les plus pauvres n’ont progressé que de 3 %. L’étude précise qu’une employée domestique indienne devrait travailler durant 22 277 années pour pouvoir toucher ce que gagne le dirigeant d’une société technologique en un an.
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