Eglises d'Asie

Un homme d’affaires catholique indonésien salué pour son engagement au service des plus démunis

Publié le 24/11/2020




Le 27 juin, Pandji Wisaksana, un homme d’affaires catholique, a célébré ses 95 ans avec ses proches. Cet Indonésien d’origine chinoise se dit inspiré et soutenu par sa foi en Jésus Christ : « Je voudrais tout d’abord souligner mon attachement aux valeurs chrétiennes et à la foi. Ce sont les ingrédients qui m’ont permis de devenir ce que je suis aujourd’hui. » Il est reconnu non seulement comme le « père du plastique indonésien » mais aussi pour ses engagements caritatifs. Il a notamment parrainé, en 2006, le mouvement Gerakan MataHati, qui a permis de financer plus de 6 000 opérations de la cataracte pour les plus démunis.

Pandji Wisaksana (au centre), un homme d’affaires catholique indonésien, a fêté ses 95 ans cet été à Jakarta.

Pandji Wisaksana, malgré ses 95 ans, ne suit aucun régime particulier et s’il n’y avait pas la pandémie de Covid-19, il continuerait d’aller au gymnase au moins deux fois par semaine. Pour lui, l’âge n’est qu’un chiffre. Il a toujours toute sa mémoire, cuisine lui-même et poursuit toujours ses activités professionnelles dans la banque et dans les affaires. Il ne se lasse jamais de répéter qu’en tant qu’homme d’affaires et entrepreneur catholique d’origine chinoise, il a été nourri et soutenu toute sa vie par une foi profonde en Jésus Christ. Pandji Wisaksana s’est lancé dans les affaires très tôt, en travaillant dur pour pouvoir monter son propre commerce. Il a lancé sa première société dans le domaine des ressources naturelles. Il s’est ensuite reconverti dans les pneus en caoutchouc, puis dans la vente d’objets domestiques en plastique sous la marque « Pioneer », présente dans les maisons indonésiennes depuis les années 1960. Son succès professionnel lui a valu le surnom de « père du plastique indonésien ». En 1975, il a également lancé PT Prakarsa Pralon, une société de production de tubes en PVC.

Cette année, le 27 juin, Pandji Wisaksana a célébré ses 95 ans avec sa famille, aux côtés de sa femme, Trijuni Pandji, qui a fêté ses 90 ans en juillet. Le couple a trois fils et deux filles, qui ont tous réussi sur le plan professionnel, sauf un de ses fils, le plus jeune, décédé durant ses études aux États-Unis. « Je voudrais tout d’abord souligner mon attachement aux valeurs et à la foi chrétienne. Ce sont les ingrédients qui m’ont permis de devenir ce que je suis aujourd’hui. Si je suis en bonne santé et que j’ai pu accomplir tout cela, c’est aussi parce que je n’ai pas d’ennemi et que je ne suis pas rancunier », explique-t-il. « Dans les affaires, j’ai décidé de respecter les principes de la responsabilité sociale des entreprises. Je crois aussi en la responsabilité individuelle au niveau social, parce que cela représente une question morale fondamentale, que chaque personne doit respecter. »

6 000 opérations chirurgicales en dix ans

Alors qu’il était encore très jeune, il s’est senti appelé à s’engager sur le plan social en plus de son travail, inspiré par son histoire personnelle et familiale. Notamment après avoir vu son père, qui est venu s’installer dans l’île de Bangka au début du XXe siècle après avoir quitté la Chine, devenir aveugle en travaillant dans les mines sans équipement de sécurité adapté. Le sort de son père l’a poussé à se préoccuper des initiatives caritatives et humanitaires dans sa région, afin de redonner espoir aux personnes aveugles ou malvoyantes. Son activisme et son engagement social l’ont amené à rejoindre le Lions Club en 1971, dont il fait toujours partie. En 2006, il a parrainé une initiative appelée Gerakan MataHati (« Mouvement de conscience ») aux côtés de plusieurs entrepreneurs indonésiens, afin de financer les opérations de la cataracte pour les plus démunis. En plus d’une décennie, ce mouvement a permis de financer plus de 6 000 opérations dans le pays. Pour Pandji Wisaksana, en « redonnant la vue, il ne s’agit pas seulement de guérir les troubles de la vue, mais avant tout de transformer leurs vies ». Les patients guéris « pourront être plus indépendants, ils pourront travailler et prendre soin de leurs familles ». Cet entrepreneur catholique ajoute que la compassion et l’humanité ne sont pas des artifices et des « stratégies marketing » ; il appelle ceux qui le peuvent à travailler pour les plus défavorisés.

(Avec Asianews, Jakarta)


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