Eglises d'Asie

Un missionnaire indonésien en visite pastorale dans les villages les plus reculés des Petites îles de la Sonde

Publié le 17/11/2020




Depuis janvier 2020, le père Frumensius Andi, des Missionnaires de la Compagnie de Marie, a été nommé au sein de la paroisse Saint-Antoine de Padoue, au village de Mbeling (dans le district du Manggarai oriental, dans les Petites îles de la Sonde). Dans cette région majoritairement catholique, dans l’est de l’archipel indonésien, le prêtre doit souvent parcourir plusieurs dizaines de kilomètres de pistes difficiles d’accès pour rejoindre les villages les plus reculés de sa paroisse : « Un prêtre ne peut pas se contenter de rester au presbytère. Il doit pouvoir rendre visite aux paroissiens quelles que soient les difficultés. »

Le père Frumensius Andi, des Missionnaires Montfortains, doit parfois parcourir plusieurs dizaines de kilomètres de pistes pour atteindre les villages les plus reculés.

Le père Frumensius Andi, des Missionnaires de la Compagnie de Marie (ou Missionnaires Montfortains), a l’habitude de parcourir plusieurs dizaines de kilomètres par tous les temps, vers les villages les plus reculés de sa paroisse. C’est un périple qu’il entreprend régulièrement depuis le mois de janvier, quand il a été nommé dans la paroisse Saint-Antoine de Padoue, au village de Mbeling (dans le district du Manggarai oriental, dans les Petites îles de la Sonde), afin d’aider un autre confrère de sa congrégation, dans une région majoritairement catholique. « Au début, j’ai été surpris de découvrir une situation complètement différente », explique-t-il. Avant de venir à Mbeling, où la paroisse compte 8 123 catholiques ou 1 655 familles pour 11 stations missionnaires et 68 communautés locales, il a été formateur pour les séminaristes de Ruteng, capitale du district. Le prêtre, âgé de 36 ans, a été ordonné le 11 juillet 2014. Auparavant, il avait l’habitude d’utiliser une voiture pour ses déplacements, mais il ne s’attendait pas à devoir visiter des lieux aussi difficiles d’accès. « Ici, je dois marcher plusieurs heures pour pouvoir voir les paroissiens les plus éloignés, qui sont à plusieurs dizaines de kilomètres de mon église. Ma paroisse possède une moto, mais je ne peux pas l’utiliser à cause du mauvais état du terrain », explique-t-il.

« Ce qui me touche, c’est leur enthousiasme »

« Durant ces marches, j’emporte un sac à dos avec tout ce qu’il me faut pour célébrer la messe, ainsi que quelques affaires personnelles. Je mets un short et un chapeau quand il fait chaud, et j’utilise une feuille de bananier si je me fais surprendre par la pluie. Le mauvais temps ne m’empêche jamais de venir, parce qu’il faut que j’arrive à temps pour la messe à l’heure prévue », ajoute-t-il. Le père Frumensius Andi est généralement accompagné d’un séminariste et d’un jeune paroissien pour ces visites pastorales. Chaque fois, il consacre au moins deux jours à chaque visite, afin de pouvoir visiter plusieurs villages rapprochés en un seul voyage. « Ce qui me touche, c’est l’enthousiasme des paroissiens. Ils se réjouissent toujours de me voir arriver. Ils s’occupent de tout. C’est peut-être parce qu’ils attendent tous de pouvoir participer à l’Eucharistie », commente le prêtre. En plus de la messe, il passe du temps à échanger avec les paroissiens, et il rend visite aux malades et aux personnes âgées. Pour certaines stations missionnaires possédant des chapelles, la messe peut y être célébrée. Pour les autres, elle peut être organisée dans une tente montée pour l’occasion. « À chaque fois, il y a environ 80 à 100 paroissiens pour la messe », précise le père Andi.

« Un prêtre ne peut pas se contenter de rester au presbytère »

Malgré ces difficultés d’accès, le prêtre affirme qu’il ne se sent jamais fatigué. Il ajoute qu’il est vraiment marqué par ces visites. « J’ai vécu une expérience particulièrement impressionnante en visitant deux paroissiens handicapés mentaux qui étaient enfermés dans des petites huttes près de leurs familles, dans un village reculé », raconte-t-il – la pratique d’enchaîner et d’enfermer les personnes handicapées mentales en Indonésie persiste dans certaines zones reculées, malgré les efforts des autorités. « Quand je leur ai demandé de prier avec moi, ils m’ont écouté. D’ailleurs, ils l’ont fait tout à fait normalement. Selon les villageois, c’était la première fois qu’ils avaient la visite d’un prêtre. » Le missionnaire évoque une autre expérience qu’il a rencontrée dans la province du Kalimantan, auprès d’un vieux paroissien solitaire. Sa femme l’avait quitté et ses enfants étaient partis travailler ailleurs. « Un jour, je suis venu lui apporter le sacrement de l’onction des malades. Je suis revenu le voir une semaine plus tard, et il est mort durant ma visite. J’ai alors célébré une messe d’obsèques. Les villageois m’ont raconté qu’il semblait apaisé après avoir reçu le sacrement. Peut-être qu’il attendait cela depuis longtemps. » Le père Andi voit tout ce qu’il entreprend comme une manière d’être serviteur. « Un prêtre ne doit pas se contenter de rester au presbytère. Il doit pouvoir rendre visite aux paroissiens quelles que soient les difficultés, et être à leurs côtés. D’autant plus qu’une visite pastorale peut renforcer la foi des paroissiens », insiste-t-il. C’est ce qu’espère Anselmus Manci, un paroissien d’un village d’Ajang. Ce père de trois enfants, âgé de 36 ans, gagne sa vie en cultivant le café. Il confie qu’il aimerait pouvoir recevoir l’Eucharistie toutes les semaines. « Mais vu les difficultés d’accès, une fois par mois, ce serait sans doute déjà bien », ajoute-t-il.

(Avec Ucanews, Jakarta)


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