Eglises d'Asie

Un nouveau rapport annuel publié à Séoul sur les persécutions religieuses en Corée du Nord

Publié le 28/11/2020




Tous les ans depuis 2007, le Centre de données des droits de l’Homme nord-coréens (NKDB), basé à Séoul, publie un livre blanc sur la liberté religieuse en Corée du Nord, malgré le manque d’informations et en grande partie grâce aux réfugiés nord-coréens arrivant à Séoul. Cette année, le Centre NKDB a pu rassembler des informations d’après les témoignages de 1 234 personnes, qui ont confirmé l’interdiction de toutes les activités religieuses. Cependant, selon le rapport publié par le centre, malgré les persécutions, le nombre de personnes ayant « vu une Bible » a augmenté d’environ 4 % par an depuis 2000.

Le temple protestant de Chilgol, à Pyongyang. Dans l’ensemble du pays, on ne compte que quelques lieux de cultes officiels, dont l’église catholique de Changchung.

Depuis 2007, malgré le manque de statistiques officielles, le Centre de données des droits de l’Homme nord-coréens (NKDB), basé à Séoul, publie chaque année un livre blanc sur la liberté religieuse en Corée du Nord, en rassemblant le peu d’information qui peut filtrer à travers le rideau de fer – notamment grâce aux réfugiés nord-coréens arrivant en Corée du Sud. Les persécutions religieuses en Corée du Nord sont parmi les plus dures au monde. Quand le régime de Pyongyang s’est installé, en 1948, les activités religieuses sont rapidement devenues des activités illégales et punies comme des crimes politiques. Face au manque d’information disponible, il est cependant difficile de présenter une vision claire de la situation. Cette année, le Centre NKDB a pu rassembler des informations d’après les témoignages de 1 234 personnes, qui ont confirmé l’interdiction de toutes les activités religieuses et la persécution des croyants.

Près de 46 % des répondants ont affirmé que les personnes impliquées dans des activités religieuses sont envoyées dans des camps de travail forcé. Près de 38,6 % d’entre eux ont expliqué ignorer s’il y avait des punitions, ne connaissant rien eux-mêmes sur la religion. Selon le Centre sud-coréen, les persécutions religieuses se sont intensifiées après avril 2014, à la suite d’un ordre du dirigeant Kim Jong-un qui a demandé « d’arrêter les personnes qui ont des contacts avec le christianisme ». Depuis, les forces de l’ordre nord-coréennes ont recherché activement la présence de croyants, tandis que l’ambassade nord-coréenne à Pékin a également cherché des chrétiens parmi les fugitifs nord-coréens en Chine. Selon le rapport publié par le centre de Séoul, malgré les persécutions, le nombre de personnes ayant « vu une Bible » a augmenté d’environ 4 % par an depuis 2000. Avant 2000, seules 16 réfugiés à Séoul étaient dans ce cas. Après 2000, on a compté jusqu’à 559 témoins nord-coréens interrogés par le centre et ayant « vu une Bible ».

(Avec Asianews, Séoul)


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