Eglises d'Asie

Une école de Mumbai, héritage du père Anthony Elenjimittam, disciple de Gandhi

Publié le 03/10/2019




Le 2 octobre, l’Inde a célébré le 150e anniversaire de la naissance du Mahatma Gandhi, notamment à Mumbai, où l’homme politique et guide spirituel indien a inspiré la fondation de l’école Sainte Catherine de Sienne de Bandra Ouest. L’école, qui a accompagné des milliers d’enfants abandonnés ou orphelins depuis sa création en 1957, a été fondée par le père Anthony Elenjimittam (1915-2011). Le prêtre dominicain, inspiré par l’œuvre du Mahatma Gandhi, cherchait à servir la vision dominicaine : « Permettre aux enfants pauvres de devenir des enfants de Dieu et des citoyens responsables de notre pays. »

Plusieurs milliers d’enfants, orphelins ou abandonnés dans les rues de Mumbai, célébraient hier, 2 octobre, le 150e anniversaire de la naissance du Mahatma Gandhi, qui a inspiré l’école qui leur a donné un nouvel espoir. Le philosophe et homme politique indien, né le 2 octobre 1869, a inspiré l’œuvre du père Anthony Elenjimittam. Ce dernier, un prêtre dominicain appelé « père Anthony » par tous, a fondé l’école Sainte Catherine de Sienne de Bandra Ouest, dans le district de Mumbai. Le père Anthony (1915-2011) faisait partie des derniers « disciples » du Mahatma, avec qui il a travaillé dans les ashrams de Noakhali (au Bangladesh), Shaodpur (en Himachal Pradesh) et de Wardha (au Maharashtra). Il a été ordonné prêtre le 23 décembre 1939 à Rome, dans la basilique de Sainte-Marie sur la Minerve où se trouve la tombe de sainte Catherine de Sienne. Dès son ordination, il a dédié toute sa vie à favoriser l’harmonie et la compréhension mutuelle entre les religions et les peuples. En 1957, il a créé la fondation Welfare society for destitute children à Mumbai, et l’école industrielle Aquinas. Le but de la fondation était de rassembler et éduquer les enfants marginalisés. Plus tard, il a fondé la Mission SatCitAnanda d’Assise. En 1962, le pape Jean XXIII a reconnu sa mission auprès des orphelins de Mumbai, et son apostolat en faveur de l’union entre les religions, les races et les peuples.

Le pape voulait le nommer archevêque, mais le père Anthony a refusé afin de pouvoir continuer sa mission auprès des « pauvres de Jésus », et qu’il avait « reçue de Gandhi ». Dans son autobiographie, il évoque les propos du Mahatma Gandhi la veille de Noël 1946 : « Je voudrais que vous passiez votre vie à abattre les barrières et à construire des ponts entre les religions, et à enseigner par votre vie que la religion consiste essentiellement à aimer Dieu et les autres. » Le 17 novembre 1957, le père Anthony a rassemblé 16 enfants pauvres et orphelins à Bandra pour commencer à les instruire sous un arbre, sur un terrain donné par une femme catholique. En moins d’une semaine, il y avait déjà 78 enfants ; à Noël, ils étaient 132. Ainsi, l’école Sainte-Catherine de Sienne était née ; en plus de soixante ans, elle a accompagné des milliers d’enfants de toutes origines et religions, pour leur offrir une éducation de haut niveau, ainsi que des activités extrascolaires comme les arts plastiques ou des cours sur l’hygiène ou la santé. Le programme de l’école concerne également les parents, avec des rencontres destinées à soutenir leurs connaissances mutuelles et leurs relations avec les enfants. L’école cherche à réaliser la vision de saint Dominique : « Permettre aux enfants pauvres de devenir des enfants de Dieu et des citoyens consciencieux de notre pays. »

(Avec Asianews, Mumbai)


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