Eglises d'Asie

Une équipe de l’archidiocèse de Bangalore offre des funérailles chrétiennes aux victimes de la pandémie

Publié le 01/05/2021




L’équipe des « Mercy Angels », 65 volontaires de l’archidiocèse de Bangalore, se charge d’enterrer dignement les corps des défunts du Covid-19, dont les proches n’ont pas les moyens de couvrir les dépenses supplémentaires liées aux restrictions. Le gouvernement a imposé un protocole strict pour les enterrements, avec notamment un personnel formé pour s’occuper des corps et un équipement de protection pour les équipes de funérailles. « Nous avons enterré plus de 250 patients décédés du Covid-19 en moins de quinze jours dans notre archidiocèse », explique le père Santosh Royan.

L’archidiocèse de Bangalore a chargé une équipe de 65 volontaires, appelés les Mercy Angels, d’aider à enterrer les chrétiens au cimetière chrétien (Indian Christian Cemetery) de Bangalore. « Nous avons enterré plus de 250 patients décédés du Covid-19 en moins de quinze jours dans notre archidiocèse », explique le père Santosh Royan. Le prêtre ajoute que chaque jour depuis deux semaines, ils enterrent près de quinze corps en moyenne. « Nous venons justement d’enterrer quelqu’un », poursuit un volontaire, Yohan Joe. « Onze autres corps attendent d’être enterrés aujourd’hui. Nous ne partirons pas d’ici tant qu’ils ne seront pas tous enterrés. » Le père Royan précise qu’ils n’ont aucune forme de discrimination contre les personnes enterrées, que ce soit selon leur confession ou autre. « Nous enterrons chaque corps avec respect. Notre mission a pour but d’accorder un enterrement chrétien digne à tous ceux qui sont morts à cause du Covid-19 et dont les proches n’ont pas les moyens de les enterrer dignement à cause des restrictions. »

Le gouvernement a imposé un protocole sanitaire strict pour les enterrements, avec notamment un personnel formé et qualifié pour s’occuper des corps, un équipement de protection pour les équipes de funérailles et la désinfection des ambulances avant et après le transport des corps. Les responsables catholiques de la région de Bangalore expliquent que les pauvres n’ont pas les moyens financiers de couvrir ces dépenses supplémentaires et qu’ils sont forcés de laisser les corps de leurs proches dans les hôpitaux pour qu’ils soient incinérés par les services publics sans enterrement chrétien. « Nous cherchons ceux qui n’ont pas les moyens d’enterrer un proche défunt. En moyenne, nous en trouvons quinze par jour et nous les enterrons tous avant 23 heures », confie le père Royan. Joe, jeune diplômé en psychologie, ajoute que les membres de l’équipe travaillent dès 4 heures du matin et que les enterrements commencent vers 10 heures, après l’arrivée des corps à partir de 9h30. « Je suis désolé pour ces familles qui ont perdu un proche, mais en même temps, je suis heureux d’avoir pu les aider dans leurs épreuves. » Le prêtre souligne que l’archidiocèse de Bangalore a réservé un budget spécial pour couvrir ces dépenses – le coût des kits de protection s’élève à 3 000 roupies (33 euros) par enterrement.

« Nous ne faisons pas de différence entre les religions ou les castes »

Parmi les 250 personnes enterrées à ce jour, 25 étaient hindoues, une centaine étaient catholiques et les autres étaient des chrétiens de diverses confessions. Ces hindous ont été enterrés au cimetière chrétien à la demande de leur famille. « Nous ne faisons pas de différence entre les religions ou les castes quand il s’agit d’enterrer les corps », assure le père Royan. Parmi les volontaires, on compte également des musulmans et des hindous. Anne Morris, membre de l’équipe et mère de deux enfants adolescents, explique qu’elle reste à distance de ses enfants et de sa famille afin d’éviter les risques d’infection. Anne Morris fait partie de l’équipe depuis le début de l’épidémie en Inde. « La plupart du temps, mes enfants se chargent des repas et des tâches domestiques parce que je consacre beaucoup de temps à cette cause », explique-t-elle. Elle-même et ses deux enfants ont été infectés à quatre reprises l’an dernier. « Mais je suis heureuse que le Seigneur m’ait choisie pour cette mission », confie-t-elle. I. Sahayaraj, un autre volontaire, ajoute qu’ils ont récemment reçu trois corps sans personne pour les accompagner. « Nous les avons accueillis et nous les avons enterrés dignement, en priant pour eux de la même manière que les autres. Maintenant, je pense qu’il n’y a qu’une seule chose qui ait véritablement de la valeur en ce monde : s’entraider. L’argent, le pouvoir et les autres richesses ne vont pas pouvoir être très utiles. »

(Avec Ucanews)


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