Eglises d'Asie

Une marche pour la paix en hommage aux victimes du Cachemire

Publié le 19/02/2019




Le Centre culturel chrétien Vishwa Jyoti Communications a organisé un pèlerinage depuis le Népal jusque dans l’État de l’Uttar Pradesh, dans le nord de l’Inde. Les étapes, riches en symboles, évoquent l’appel à l’harmonie et à la compassion partagé par le bouddhisme. Une marche pour la paix en hommage aux victimes de l’attentat qui a tué plus de 40 militaires indiens, jeudi 14 février à Srinagar, dans l’État de Jammu-et-Cachemire. L’attaque a été revendiquée par un groupe islamiste pakistanais. Pour Mgr Theodore Mascarenhas, secrétaire général de la Conférence épiscopale indienne, la violence n’est jamais une solution.

Du Népal à l’Uttar Pradesh, en Inde, pour réaffirmer un appel urgent à la paix, à l’harmonie et à la non-violence : c’est l’objectif du « Yatra » (pèlerinage) intitulé « de Bouddha à Kabir », une marche pour la paix qui a quitté Lumbini le 14 février pour arriver à Magahar le 17 février. La démarche est une initiative du Centre culturel chrétien Vishwa Jyoti Communications, qui a déjà organisé des pèlerinages similaires dans le passé. Le 15 février, le deuxième jour, les participants sont partis de Kushinagar. Avant de reprendre leur périple, les pèlerins ont rendu hommage aux quelque 40 militaires indiens tués au Cachemire indien le 14 février à Srinagar, dans l’État de Jammu-et-Cachemire. L’attaque a été revendiquée par un groupe islamiste pakistanais, Jaish-e-Mohammad. Le père Anand Mathew, directeur du Centre culturel népalais, confie : « Cet hommage a duré environ 90 minutes, en l’honneur du martyre des soldats qui ont perdu la vie pour assurer la sécurité de ce pays. Prions pour la paix éternelle de ceux qui sont tombés, et demandons à Dieu de consoler leurs familles. » Ce qui est arrivé au Cachermire, poursuit le prêtre, « nous fait comprendre qu’il est temps de nous battre contre le terrorisme et de travailler pour une culture diverse, pour la paix et l’harmonie. Toutes les tentatives d’imposer l’uniformité et l’exclusivité conduisent à la violence ».

« Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous ? »

Des personnalités civiles, des étudiants et des intellectuels sont également venus allumer des bougies pour les placer devant le stupa (structure architecturale bouddhiste) de Ramabhar, à Kushinagar. Des artistes de Prerana Kala Manch, la compagnie de théâtre du Centre culturel chrétien, sont également venus chanter des chants patriotiques. Les étapes du pèlerinage étaient particulièrement symboliques. Lumbini, au Népal, est le lieu de naissance de Siddhartha Gautama, le bouddha historique, un exemple de paix, de compassion et de non-violence. Magahar, en Uttar Pradesh, est le lieu de sépulture de Kabir Das, grand poète et philosophe indien et défenseur de la diversité culturelle. Au long du pèlerinage, qui a rassemblé près de 500 personnes de toutes cultures et religions, la compagnie de théâtre a joué plusieurs pièces afin de célébrer une longue tradition d’amour et de respect pour la culture indienne. Le père Anand explique : « J’ai participé au Yatra en tant que disciple de Jésus, qui me met au défi d’aimer mes voisins et mes ennemis, quelles que soient leurs origines. Jésus m’enseigne aussi avec ces mots : ‘Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous ?’ » Le prêtre poursuit : « Le pape François m’incite lui aussi à rencontrer des personnes de différentes confessions et de travailler pour l’unité et l’harmonie entre tous. C’est pourquoi je dépense autant de temps pour défendre la diversité culturelle. »

D’autant plus que l’attentat de Srinagar, la plus grande ville de l’État de Jammu-et-Cachemire dans le nord-ouest de l’Inde, s’est produit dans un contexte tendu, à l’approche des élections nationales indiennes. Selon les témoins, une voiture piégée a percuté un bus transportant des troupes militaires sur l’autoroute entre Srinagar et Jammu. Mgr Theodore Mascarenhas, secrétaire général de la conférence épiscopale indienne, a condamné « les évènements tragiques au nom de l’Église catholique en Inde, qui pleure les victimes aux côtés de tout le pays ». Sur les réseaux sociaux, le Premier ministre indien, Narendra Modi, ainsi que tous les responsables politiques dans le pays, ont également condamné fermement les attaques. L’État de Jammu-et-Cachemire borde la frontière pakistanaise, où le Cachemire est divisé et disputé depuis la séparation de l’Inde et du Pakistan en 1947.

(Avec Asianews)


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