Eglises d'Asie

Une marche pour l’unité rassemble chrétiens et musulmans à Manille

Publié le 05/02/2019




Suite aux attentats du 22 et du 30 janvier contre la cathédrale de Jolo et la mosquée de Zamboanga, à Mindanao dans le sud des Philippines, des centaines de chrétiens et des musulmans se sont rassemblés à Manille, le 3 février, afin de marcher pour l’unité et appeler à la paix. Une rencontre interreligieuse a également eu lieu à Cagayan de Oro le 2 février, afin de marquer l’ouverture de la Semaine mondiale de l’harmonie interconfessionnelle. Les autorités religieuses veulent appeler au calme contre un climat de peur, affirmant que les attentats ne briseront pas l’unité du pays.


À Manille, le 3 février, des centaines de chrétiens et des musulmans se sont rassemblés pour une « marche de l’unité » et une rencontre interreligieuse afin d’appeler à la paix suite aux attentats de la semaine dernière dans le sud des Philippines, pour « montrer au monde que nous sommes unis ». Ils condamnent l’attaque de la cathédrale de Jolo qui a tué au moins 22 personnes le 27 janvier et l’explosion d’une grenade dans une mosquée de Zamboanga le 30 janvier. À Mindanao, une rencontre interreligieuse a également été organisée à Cagayan de Oro le 2 février, afin de marquer l’ouverture de la « Semaine mondiale de l’harmonie interconfessionnelle ». Le père Rey Monsanto, vicaire général de l’archidiocèse de Cagayan de Oro, reconnaît qu’il y a toujours un « sentiment de peur » qui domine à Mindanao et que les attentats risquent de susciter d’autres violences. « Nous craignons que les chrétiens et les musulmans ne se mettent à s’accuser les uns les autres », poursuit le prêtre, ajoutant qu’ils risquent de se faire la guerre au nom de la religion.

Abdulnasser Masorong, directeur de la Commission nationale des Philippins musulmans, assure que les violences « ont blessé le pays tout entier en creusant encore davantage le fossé qui sépare les musulmans et les chrétiens ». Alec Mohammad, un leader musulman de Cagayan de Oro, ajoute cependant que « les violences ne briseront pas l’esprit d’une longue entente » entre les habitants de Mindanao. À Zamboanga, les autorités musulmanes ont appelé au calme, déclarant que toute attaque contre un lieu de culte « ne pouvait être justifiée sous aucun prétexte ». Durant les marches à Manille, le père Albert Songco, vicaire général de l’Ordinariat militaire des Philippines, a appelé les participants à « mettre en marche les forces du bien, de la justice, de l’amour et de la paix dans nos communautés ». Le 3 février, des intentions de prières ont été ajoutées durant les messes dominicales de l’archidiocèse de Manille pour les victimes des attentats de Jolo et de Zamboanga. Du côté de la basilique mineure du Nazaréen Noir de Manille, la sécurité a également été renforcée suite aux attaques. Des chiens renifleurs et du personnel de sécurité ont été déployés autour de l’église et dans le quartier. L’archidiocèse de Davao a également interdit les sacs à dos dans les églises.

(Avec Ucanews, Cagayan de Oro)


CRÉDITS

Jire Carreon