Eglises d'Asie

Une pétition demande l’indépendance pour la Papouasie occidentale

Publié le 31/01/2019




Une pétition signée par 1,8 million de personnes a été remise la semaine dernière à Genève auprès de Michelle Bachelet, Haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme et ancienne présidente du Chili, afin de demander un nouveau référendum sur l’indépendance de la province indonésienne. Selon Benny Wenda, président du Mouvement uni pour la libération de la Papouasie occidentale (ULMWP), de nombreux habitants de la région contestent le référendum controversé de 1969. En décembre dernier, de nouvelles violences ont éclaté dans la province entre les séparatistes et l’armée indonésienne.

Les militants séparatistes de la province indonésienne de Papouasie occidentale ont remis une pétition signée par 1,8 million de personnes au Haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, afin de demander un référendum sur l’indépendance de la région. Benny Wenda, président du Mouvement uni pour la libération de la Papouasie occidentale (ULMWP), a remis la pétition la semaine dernière à Genève, auprès de Michelle Bachelet, Haut-commissaire aux droits de l’homme et ancienne présidente du Chili. La pétition demande également aux Nations unies d’enquêter sur des accusations de violations des droits de l’homme dans la région. « La remise de la pétition a été facilitée par le Vanuatu », explique Benny Wenda. Le Vanuatu fait partie des pays du Pacifique sud qui ont aidé, en 2014, plusieurs groupes politiques de Papouasie occidentale à déposer leur candidature au sein du Groupe Mélanésien Fer de Lance (MSG), une alliance intergouvernementale de plusieurs pays mélanésiens. Benny Wenda assure que la pétition représente « la voix du peuple papouasien qui rejette le référendum controversé de 1969 parrainé par l’ONU ».

Beaucoup de Papouasiens affirment que le référendum qui a facilité le contrôle de la province par l’Indonésie était truqué. Seul un petit nombre d’habitants ont été autorisés à prendre part au référendum sur l’indépendance – 1 025 personnes sélectionnées par l’armée indonésienne. Benny Wenda explique qu’il a parlé à Michelle Bachelet des violences dans le district de Nduga, où au moins vingt employés d’un site de construction public ont été tués par les séparatistes en décembre. Les violences ont entraîné la fuite de plus d’un millier de villageois de la région dans la forêt, afin d’échapper aux combats qui ont suivi entre l’armée et les séparatistes. Selon Moeldoko, chef du cabinet présidentiel, l’ONU devrait ignorer la pétition afin de « respecter la souveraineté de l’Indonésie ». Le père Laurensius Eddy Doga, du secrétariat de la commission franciscaine Justice, paix et intégrité de la Création (JPIC) en Papouasie, estime que Jakarta devrait faire preuve de courage en demandant aux Papouasiens ce qu’ils veulent vraiment. « Les Papousiens ne font plus confiance au gouvernement indonésien alors que les violations des droits de l’homme se poursuivent », explique-t-il.

(Avec Ucanews, Jayapura)


CRÉDITS

Flori G