Eglises d'Asie

175 responsables religieux s’engagent contre l’extrémisme au Bangladesh

Publié le 13/11/2019




Le 9 novembre, dans la capitale bangladaise, des fidèles de diverses confessions ont participé à un séminaire national, en s’engageant à combattre l’extrémisme religieux afin de mieux renforcer la paix et l’harmonie dans le pays. Le programme de la demi-journée, organisée à Dacca dans le centre de la CBCB (Conférence des évêques du Bangladesh), a attiré 175 participants, dont des responsables musulmans, hindous, bouddhistes et chrétiens, ainsi que des intellectuels et des militants sociaux. L’événement était organisé par la Commission pour l’unité chrétienne et le dialogue interreligieux de la conférence épiscopale bangladaise, sur le thème « l’ouverture des cœurs apporte la paix et l’harmonie ».

Mgr George Kocherry, nonce apostolique au Bangladesh, aux côtés de plusieurs responsables religieux bangladais, rassemblés le 9 novembre à Dacca.

Le 9 novembre, la commission pour l’unité chrétienne et le dialogue interreligieux de la conférence des évêques du Bangladesh a organisé un séminaire national sur la paix interreligieuse et contre l’extrémisme religieux, auquel ont participé près de 175 personnes, dont des responsables musulmans, hindous, bouddhistes et chrétiens. Le programme de la rencontre s’inscrivait dans le cadre du soutien permanent de l’Église locale en faveur du dialogue interreligieux comme instrument de paix et d’harmonie, et qui s’est approfondi encore davantage depuis la visite du pape François au Bangladesh en 2017. « L’une des principales priorités du pontificat du pape François est le dialogue avec les autres confessions, afin d’établir et de soutenir la paix dans le monde », explique Mgr Bejoy N. D’Cruze, évêque de Sylhet, dans le nord du pays, et président de la commission. « Il l’a rappelé quand il a participé à une rencontre interreligieuse à Dacca, où il nous a tous invités à continuer d’ouvrir nos cœurs les uns envers les autres. Quand nous avons des cœurs ouverts à tous et que nous apprenons à aimer les autres quelles que soient leur foi et leur origine ethnique, nous pouvons établir et renforcer la paix et l’harmonie, et combattre efficacement l’extrémisme à la racine », assure l’évêque. L’Église catholique au Bangladesh est pionnière dans le pays dans sa défense du dialogue interreligieux, et elle souhaite renforcer ce mouvement localement, ajoute Mgr D’Cruze.

Unis contre les « éléments radicaux »

Le dialogue entre les différentes religions peut permettre de chasser les éléments communautaristes et extrémistes, estime Maolana Fariduddin Masoud, théologien musulman éminent et président du Jamaiatul Ulema (Conseil des oulémas du Bangladesh). « Le Bangladesh est globalement une terre d’harmonie religieuse, mais il y a des éléments radicaux qui tentent de troubler la paix pour des intérêts personnels. Le dialogue interreligieux, au niveau national et local, peut unir les gens et tenir bon contre l’extrémisme », explique-t-il. Ces dernières années, son groupe collabore avec le gouvernement afin de sensibiliser les responsables islamiques locaux, pour inciter ces derniers à prêcher contre l’extrémisme et pour le respect de toutes les religions, ajoute-t-il. Malgré tout, le pays continue de subir la menace de l’extrémisme religieux, assure Pijush Bandyopadhyay, hindou. « Nous avons refermé nos cœurs », regrette cet ancien acteur, responsable du groupe interreligieux Sompriti (Harmonie) Bangladesh. « Aujourd’hui, nous n’osons plus nous mélanger avec des personnes d’autres confessions durant les festivals religieux comme l’Eid, Puja ou Noël, comme nous le faisions autrefois. Nous devons sortir de notre ‘petitesse’ en développant le mouvement d’harmonie interreligieuse, côte à côte avec la communauté chrétienne. » Près de 90 % des 160 millions d’habitants du pays sont musulmans, et la majorité d’entre eux adhèrent à l’islam sunnite. La population compte également près de 8 % d’hindous, et une petite minorité de bouddhistes et de chrétiens. Mais depuis 2013, le pays subit la montée de l’extrémisme islamiste, et près de cinquante personnes sont décédées dans des attentats, dont des blogueurs, des écrivains, des intellectuels, des étrangers et des membres des minorités religieuses. Par ailleurs, à quatre reprises depuis 2012, des foules de musulmans se sont attaquées à des centaines de lieux de culte, maisons et boutiques appartenant aux minorités bouddhistes et hindoues.

(Avec Ucanews, Dacca)


CRÉDITS

Robin Bhabuk