Eglises d'Asie

La Haute Cour de justice de Peshawar rejette une demande des minorités religieuses pour bénéficier de sièges réservés aux prochaines élections sénatoriales

Publié le 18/03/2010




Lors des élections du mois d’octobre dernier, les chrétiens et les autres minorités religieuses, pour la première fois, avaient voté selon le système des électorats associés (1). Ce nouveau type de scrutin, introduit en janvier 2002, leur permettait de voter pour des candidats de n’importe quelle religion, alors que précédemment, les citoyens adeptes de religions non musulmanes ne pouvaient voter que pour un candidat de leur propre religion. Cependant, malgré ce nouveau système, dix sièges de l’Assemblée nationale avaient été réservés aux candidats des minorités. Il n’existe pas de mesure analogue pour les prochaines élections sénatoriales qui auront lieu le 24 février prochain dans quatre provinces du pays selon des directives données par la Commission électorale du Pakistan.

Cette absence de sièges réservés aux minorités pour les prochaines élections sénatoriales a été déplorée par un certain nombre de représentants des religions non musulmanes. Stephen Salem Handard, président du Pakistan Aqliaty Rabta Party (Parti de la coordination des minorités du Pakistan), a déposé devant la Haute Cour de Peshawar une plainte réclamant que soient créés au Sénat un certain nombre de sièges réservés aux minorités comme c’est le cas pour l’Assemblée nationale. Devant un jury de deux membres, l’avocat a fait valoir que le Sénat réservant des sièges spéciaux pour les femmes et les technocrates en chaque province, il aurait été normal que des mesures semblables existent également en faveur des religions minoritaires. Un jugement a été rendu le 13 janvier dernier. Il rejette la demande des minorités sous le prétexte qu’il existe déjà un avis de la Commission électorale fixant la date des élections sénatoriales et que le tribunal ne peut donc plus intervenir en cette matière.

Regrettant la décision de la cour, Liaqat Munawar Suroija, président de la Mission et de l’action pour les services sociaux, a déclaré qu’une fois encore, des limites strictes sont imposées à la représentation des religions minoritaires. En janvier 2002, lorsque les effectifs de l’Assemblée nationale sont passés de 207 à 270, les sièges réservés aux femmes sont passés de 10 à 60 alors que le nombre de ceux réservés aux minorités ne variait pas et qu’aucun n’était prévu pour celles-ci au Sénat.