Eglises d'Asie

A Rome, le cardinal Etchegaray affirme qu’il n’existe qu’une seule Eglise catholique de Chine

Publié le 18/03/2010




Le 28 octobre dernier, à Rome, le cardinal Roger Etchegaray, récemment revenu d’un voyage culturel d’une dizaine de jours en République populaire de Chine (1), a déclaré qu'”il n’y a qu’une seule Eglise” en Chine et que cette Eglise présente “deux faces”. Intervenant à la Grégorienne, université jésuite, à l’occasion de la présentation d’un ouvrage sur les relations entre la Chine et le Vatican (2), le cardinal a ajouté : “Il n’y a pas une Eglise patriotique et une Eglise clandestine, l’une légale et l’autre protestataire.” Selon lui, il s’agit de “deux faces d’une même communauté qui s’efforce d’être fidèle et en même temps qui s’efforce d’être patriotique”. Diffusés par Radio Vatican, les propos du cardinal ont été repris par l’agence catholique d’information i.media.

Sans citer directement les arrestations d’évêques, de prêtres, de séminaristes ou de simples fidèles qui ont régulièrement lieu en Chine (3), le cardinal a exprimé le souhait que cessent “les tracasseries voire “les persécutions” dont sont victimes les catholiques en Chine. Il a par ailleurs estimé que des “malentendus” et des “faux pas” avaient été commis entre le Vatican et la Chine populaire. On peut penser que le cardinal, qui s’est rendu à trois reprises en Chine populaire au cours de ces dix dernières années, faisait allusion, entre autres, au choix de la date du 1er octobre pour canoniser en l’an 2000 120 martyrs de l’Eglise de Chine, cette date coïncidant avec le jour-anniversaire de la fondation de la République populaire, et à la consécration, le 6 janvier de cette même année 2000, de cinq évêques à Pékin, sans l’aval du Saint-Siège, ces ordinations épiscopales apparaissant comme faisant pendant aux ordinations épiscopales célébrées par le pape Jean-Paul II le jour de la fête de l’Epiphanie dans la basilique Saint-Pierre.

Ancien président du Conseil pontifical ‘Justice et paix’, ancien président du Comité pour le Jubilé de l’an 2000, le cardinal Etchegaray est souvent présenté comme l’homme de confiance de Jean-Paul II, chargé par lui de missions diplomatiques délicates. Lors de son récent passage à Pékin, le cardinal a été très bien accueilli par les autorités chinoises.