Eglises d'Asie

Dans le sud de la Thaïlande, à majorité musulmane, où la tension reste forte, un prêtre catholique essaie de s’attaquer au problème du sous-développement

Publié le 18/03/2010




Dans le sud thaïlandais, à majorité musulmane, où les actes de violence sont quotidiens et la tension persistante depuis le début de cette année (1), des prêtres catholiques estiment que le sous-développement est le véritable problème dont souffre cette région.

Le P. Sakol Panchai, prêtre diocésain, et le P. Gustav Roosens, salésien, sont au service de la petite communauté catholique locale, forte d’à peine cinq cents fidèles, et gèrent deux des trois écoles catholiques que compte la région. Dernièrement, sur la recommandation des prêtres, les enseignants de ces écoles ne portent pas le costume de l’école parce que les manifestants s’en prennent surtout à ceux qui portent des uniformes, fonctionnaires ou enseignants.

Pour le P. Roosens, curé des paroisses St André à Yala et St Gabriel à Pattani, les troubles ont pour origine le sous-développement économique et le manque d’éducation dans la région (2). “Il est certain que 99 % de nos frères et sours musulmans n’ont rien à voir avec toute cette violence affirme le missionnaire belge, alors que beaucoup sont pauvres et que beaucoup de jeunes n’ont jamais pu fréquenter que l’école primaire (3). C’est pourquoi le P. Roosens, salésien, qui dirige l’école catholique Chaorensri Seuksa à Pattani, dit vouloir aborder ce problème d’éducation en construisant une école technique, “même si ce n’est qu’une goutte d’eau dans la mer Les constructions ont commencé, précise-t-il, sur un terrain reçu d’un bienfaiteur. “Là, nous apprendrons à ceux qui n’ont été que quelques années à l’école à devenir des électriciens, des mécaniciens ou des soudeurs qualifiés explique le P. Roosens qui précise ne pas vouloir demander de frais de scolarité parce que, dit-il, l’Eglise est au service des pauvres. “L’école se doit de leur donner un vrai métier si elle ne veut pas en faire des terroristes.”