Eglises d'Asie

A la veille des élections législatives du 2 avril, les responsables religieux appellent de leurs voux un déroulement pacifique des opérations électorales

Publié le 18/03/2010




Le 15 mars dernier, les responsables des principales religions du pays ont lancé un appel commun par lequel ils expriment le vou que les élections législatives, convoquées pour le 2 avril 2004, se déroulent dans un climat pacifique et impartial. Réunis en un “Congrès des religions comprenant des bouddhistes, des chrétiens, des hindous et des musulmans, ils ont enjoint aux hommes politiques de ne pas recourir à la violence. Cet appel fait suite à celui rendu public le 1er mars par l’Eglise catholique qui s’inquiétait de la sauvegarde de la paix et de la liberté religieuse dans le pays (1). Il s’inscrit également dans un contexte marqué par une violence qui se maintient à un niveau élevé.

S’adressant à l’assemblée présente devant les responsables religieux, Mgr Oswald Gomis, archevêque de Colombo et président de la Conférence épiscopale catholique, a demandé aux électeurs, quelle que soit leur appartenance religieuse, de ne pas recourir à la violence. Le vénérable Bellanwila Wimalaratana, co-secrétaire du Congrès des religions, a appelé les Sri Lankais à voter “intelligemment sans se laisser berner par des politiciens avides de pouvoir. “Faites en sorte que les hommes politiques corrompus n’entrent pas au Parlement ! a plaidé le moine bouddhiste. D’autres responsables religieux, tels le mollah Ash-Shaikh Abdul Nazar, le vénérable Maduluwawe Sobitha Thero ou encore le Brahma Sri Kuhanatha Sharma – tous membres du directoire du Congrès -, sont intervenus dans le même sens.

Pour ces treizièmes élections législatives depuis l’indépendance du pays – et les troisièmes en l’espace de quatre ans -, où les Sri Lankais sont appelés à désigner les 225 membres du Parlement, la violence a été présente mais pas exceptionnellement forte, ont noté les observateurs locaux. Parmi les faits les plus notables, on trouve un attentat contre Thiyagarajah Maheswaran, ancien ministre des Affaires religieuses et culturelles hindoues, blessé le 27 mars par des tirs quand il sortait d’un temple hindou à Colombo. Cet attentat a soulevé des protestations et créé des tensions, Maheswaran étant l’unique candidat tamoul à se présenter à Colombo sous les couleurs du Parti national uni, la formation du Premier ministre Ranil Wickremesinghe. Ce dernier s’oppose à l’Alliance populaire de la présidente de la République Chandrika Kumaratunga. Par ailleurs, Ratnam Manoguruswamy, chef de l’administration du district de Batticaloa, sur la côte est du pays, a été blessé dans une embuscade montée contre lui.

Du résultat des élections du 2 avril où treize millions de Sri Lankais – dont quatre millions de Tamouls – sont appelés aux urnes dépendra la résolution de la crise qui paralyse le pouvoir politique à Colombo depuis quelques mois. La situation politique dans l’île s’est en effet dégradée quand, suite à une cohabitation conflictuelle entre le Premier ministre et la présidente, cette dernière a, le 7 février dernier, dissous le Parlement et convoqué des élections anticipées (2). L’affrontement entre les deux principales personnalités de la scène politique à Colombo s’est cristallisé sur la question des négociations à mener avec la rébellion tamoule. En pourparlers avec les Tigres tamouls depuis la trêve signée au mois de février 2002 qui a mis fin à vingt ans de guerre civile (3), les responsables politiques nationaux divergent sur la solution institutionnelle et constitutionnelle à mettre en place.