Eglises d'Asie

L’évêque “clandestin” arrêté le 5 mars 2004 – arrestation suscitant une inhabituelle réaction du Vatican – a été libéré dix jours plus tard

Publié le 18/03/2010




Selon plusieurs sources catholiques chinoises, Mgr Wei Jingyi, évêque “clandestin” du diocèse de Qiqihar, dans la province du Heilongjiang, a été remis en liberté le 14 mars dernier dans l’après-midi. L’évêque avait été arrêté par la police chinoise dix jours plus tôt, le 5 mars, sur la route reliant l’aéroport de Harbin à la ville de Harbin, capitale du Heilongjiang. Le catholique conduisant la voiture ainsi que les deux visiteurs de Mgr Wei, deux Français, avaient eux aussi été interpellés mais avaient été relâchés le lendemain. L’arrestation de Mgr Wei avait provoqué une réaction – fait plutôt inhabituel – du Vatican, le directeur de la salle de presse du Saint-Siège demandant des explications aux autorités chinoises. “S’il existe des chefs d’accusation contre l’évêque arrêté, alors ils doivent être rendus publics, comme c’est le cas dans tous les Etats de droit avait notamment déclaré Joaqin Navarro-Valls (1).

A Harbin, les sources catholiques indiquent que Mgr Wei a été remis en liberté mais reste étroitement surveillé. La police a confisqué la carte SIM de son téléphone portable et tenterait d’identifier une liste des personnes avec qui l’évêque est en contact régulier. Selon une de ces sources, la remise en liberté si rapide de l’évêque s’explique par le fait qu’il était accompagné, le 5 mars, de deux visiteurs étrangers, témoins de son interpellation. Lors de l’arrestation, rapporte cette source, “l’attitude des fonctionnaires du Bureau des Affaires religieuses et de la Sécurité publique envers l’évêque, qui était rude, a changé dès lors qu’ils se sont aperçus de la présence des deux étrangers dans le véhicule”.

Selon les observateurs, la demande d’explications formulées par le Vatican à l’occasion de l’arrestation de Mgr Wei répond peut-être à l’affirmation nouvelle par Pékin que “l’Etat [chinois] respecte et protège les droits de l’homme”. L’Assemblée nationale populaire, en session annuelle du 5 au 14 mars dernier, a en effet intégré dans la Constitution de la République populaire de Chine la notion de protection et de respect des droits de l’homme, y compris “la liberté de religion reconnue à la faveur du vote le 12 mars d’un amendement à l’article 14 de la Constitution. Le Vatican aurait ainsi pris Pékin au mot en demandant des comptes à la Chine comme à n’importe quel “Etat de droit membre de la communauté internationale. Sur le terrain, le respect des droits de l’homme ne va bien entendu pas de soi, la Chine se déclarant depuis les années 1990 en faveur des droits de l’homme sans que l’arbitraire du système policier et judiciaire soit pour autant remis en cause.