Eglises d'Asie

Les évêques chrétiens demandent au nouveau Premier ministre la restitution des écoles privées nationalisées il y a trente-deux ans

Publié le 18/03/2010




Le 27 août 2004, le parlement pakistanais a élu Shaukat Aziz au poste de Premier ministre, son prédécesseur ayant démissionné. Une délégation d’évêques catholiques et protestants est allée lui rendre visite le 11 septembre dernier pour le féliciter de son élection et lui faire connaître les desiderata de la communauté chrétienne du Pakistan. Les membres de la délégation lui ont en particulier exposé leur désir de voir restituées à l’Eglise les dernières écoles privées encore entre les mains de l’Etat. Mgr Anthony Lobo, archevêque d’Islamabad-Rawalpindi, Mgr Joseph Coutts, de Faisalabad, et Mgr André Francis, de Multan, représentaient les catholiques. Ils étaient accompagnés de deux évêques de l’Eglise du Pakistan, Mgr Azad Marshal et Mgr Samuel Pervez. La rencontre qui a duré 35 minutes s’est déroulée, selon les participants, dans une atmosphère cordiale.

Grâce à un communiqué de presse lu par Mgr Marshal au nom de la délégation à l’issue de la rencontre, on a appris que les évêques avaient rappelé au Premier ministre qu’en dépit des mesures de dénationalisation des écoles, les gouvernements provinciaux du Pendjab et du Sind avaient omis de restituer quinze écoles et quatre collèges aux Eglises qui en étaient autrefois les propriétaires. La délégation a demandé au Premier ministre d’envoyer des directives aux autorités provinciales afin que celles-ci procèdent au transfert décidé par le pouvoir central. Les évêques ont également fait allusion aux divers problèmes auxquels se trouve affrontée la communauté chrétienne. Pour les régler, ils ont recommandé au chef du gouvernement qu’un ministre fédéral des minorités soit nommé, susceptible de s’occuper plus spécialement des populations de religion non majoritaire.

En réponse aux doléances de la délégation, le Premier ministre a déclaré que les établissements d’enseignement seraient rapidement restitués à leurs propriétaires. Quant à la décision portant sur la création d’un ministère des minorités religieuses, il a affirmé qu’elle serait prise dans quelques semaines. Dans sa réponse, le chef du gouvernement s’est référé au fondateur du pays, à savoir Mohammad Ali Jinnah (1), rappelant que celui-ci envisageait la liberté et l’égalité pour tous les Pakistanais, sans considération de sexe, d’ethnie ou de religion. Il a remarqué de plus que, dans chaque pays, il existait des gens pour exalter le sectarisme et que le Pakistan ne faisait pas exception à cette règle. Il s’est déclaré résolu à conduire le pays dans le respect de la foi et de la croyance de tous afin que chacun, avec les talents reçus de Dieu, travaille à l’édification du pays. Le Premier ministre a rappelé l’époque où il étudiait au collège Saint Patrick, un établissement tenu par l’Eglise catholique à Karachi, et a vanté les valeurs de discipline qui lui avaient été inculqués par les prêtres.

Presque toutes les écoles chrétiennes se trouvent dans les deux provinces du Pendjab et du Sind, les deux provinces les plus peuplées parmi les quatre qui composent le pays. Elles avaient été prises en charge par les gouvernements provinciaux en 1972 dans le cadre de la nationalisation des établissements éducatifs mise en ouvre par le Premier ministre de l’époque, Zulfiqar Ali Butto. C’est également dans la province du Pendjab que vivent 80 % des chrétiens du Pakistan, dont l’ensemble représente moins de 2 % de la population du Pakistan (147 millions d’habitants).