Eglises d'Asie

Hongkong : pour le 17e anniversaire de la répression des manifestations de Tienanmen, le cardinal Zen appelle Pékin à la transparence

Publié le 18/03/2010




Comme chaque année depuis le printemps de Pékin et sa répression par l’armée chinoise, la célébration des événements du 4 juin 1989 n’a pu avoir lieu, en Chine populaire, que dans la Région administrative spéciale de Hongkong. Sur le continent, la presse est restée muette sur l’anniversaire. A Hongkong, 44 000 personnes (19 000 selon la police) se sont réunies pour une veillée commémorative au parc de la reine Victoria, à l’appel de l’Alliance de soutien au mouvement démocratique et patriotique chinois. Quelques heures avant cela, l’évêque de Hongkong, le cardinal Zen, avait rejoint une centaine de catholiques pour un temps de prière consacrée à la liberté religieuse et de la démocratie en Chine. La prière était organisée par l’Union des organisations catholiques hongkongaises de soutien au mouvement démocratique et patriotique chinois.

Après la projection d’un montage d’images retraçant le printemps de Pékin et sa répression sanglante, connue en chinois comme “l’incident du 4 juin le cardinal Zen a pris la parole pour observer que, dix-sept ans après 1989, les gens ne pouvaient pas oublier ce qui s’était passé en Chine. Il a notamment appelé Pékin à donner une explication claire de ce qui s’était passé, particulièrement quant aux vies sacrifiées durant ces journées. C’est cet appel à la démocratie et le sacrifice de la jeunesse chinoise qui ont motivé Mgr Zen, alors simple prêtre, à consacrer six mois par an, de 1989 à 1996, à contribuer à la formation des futurs prêtres dans les séminaires du continent. Le cardinal Zen a poursuivi en exprimant sa certitude que c’était la même motivation qui “encourageait les Hongkongais à se montrer attentifs aux affaires publiques et à honorer la mémoire de ceux qui ont trouvé la mort place Tienanmen”.

Les cérémonies commémoratives du 4 juin coïncidant cette année avec le dimanche de la Pentecôte, les catholiques présents aux côtés du cardinal Zen, après avoir écouté la parabole du semeur dans l’Evangile de saint Matthieu, ont prié l’Esprit-Saint d’aider à répandre une semence de paix et de liberté en Chine. Une carte du continent était visible, parsemée de croix, symbolisant l’évangélisation de tout le pays.

A la fin de la prière, les catholiques se sont mis en route vers le bâtiment abritant le gouvernement local. Alternant hymnes et slogans, ils ont demandé à Pékin de rendre compte publiquement de ce qui s’est passé dans la nuit du 3 au 4 juin 1989 ; ils ont appelé à l’établissement d’une liberté religieuse pleine et entière sur le continent, ainsi qu’au respect des droits de la personne en Chine. Demandant au gouvernement local de faire remonter leurs revendications au gouvernement central, ils ont aussi appelé à l’arrêt des mesures de harcèlement contre les catholiques du continent et à la libération des membres du clergé en prison ou en résidence surveillée.