Eglises d'Asie

Dans les zones les plus reculées du pays, l’Eglise catholique est présente auprès des tribus

Publié le 18/03/2010




Dans la région isolée des Chittagong Hill Tracts, des catéchistes assurent l’éducation des enfants des tribus autochtones ainsi qu’une présence catholique. Du 23 au 26 octobre dernier, une session de formation sur l’enseignement moral et spirituel se tenait dans les locaux de l’église de Fatima Rani (Reine de Fatima) à Bandarban (1), dans le diocèse de Chittagong (2).

L’atelier, qui a réuni 55 catéchistes-instituteurs, était la troisième édition d’une série de séminaires commencée en 2005. Depuis 1996, l’Eglise catholique, en collaboration avec la Caritas locale (3), a mis en place dans la région, des centres d’éducation, maintenant au nombre de 52.

 

Situées au sud-est du Bangladesh, les Chittagong Hills Tracts, qui appartiennent à la division territoriale de Chittagong et au diocèse du même nom, sont à 50 % peuplées par des communautés autochtones appelées « tribus » (4), dont une grande partie est bouddhiste. Environ 45 % de la population est formée de musulmans bangladais installés dans la région à partir des années 1970. Les chrétiens, essentiellement des catholiques, sont une infime minorité.

 

« Les catéchistes doivent avoir l’expérience d’une spiritualité réelle et une éducation morale afin de pouvoir s’occuper des populations opprimées », explique à l’agence Ucanews, le P. Robi Hubert Gomes, membre de la Congrégation de la Sainte Croix (CSC), curé de Fatima Rani et organisateur de la session de formation.

 

Romesh Tripura, l’un des catéchistes, rapporte que de nombreux catholiques de ces régions reculées n’ont pas la possibilité de trouver une église à proximité pour la messe dominicale ou les fêtes religieuses, et que le petit nombre des prêtres et des religieuses ne peut suffire à répondre aux besoins spirituels de tous. Pour lui, ces centres religieux et éducatifs sont essentiels à ces populations et permettent également de faire le lien entre les catéchistes comme lui.

 

Tripura, jeune homme de 32 ans, souligne la double fonction de ces centres, qui éduquent les enfants des minorités autochtones – lesquels sont de différentes religions – et qui accueillent également les activités religieuses des aborigènes catholiques.

 

Construit comme une école, le centre éducatif propose un enseignement général à tous les enfants, et des cours supplémentaires de spiritualité et de morale aux catholiques. Le dimanche et lors des fêtes religieuses comme Noël ou Pâques, le centre aménage des temps de prière pour les catholiques.

 

Manoti Tripura, catholique, 35 ans, se dit reconnaissante de l’enseignement spirituel qu’elle et son fils de 7 ans reçoivent du centre du sous-district de Ruma (division de Bandarban). Hormis le centre, il n’y a aucune école dans la région et pas de possibilité de rassemblement pour la prière. Kanantar Chakma aide, quant à lui, les participants de la session de formation à améliorer leurs méthodes d’enseignement général. Agé de 34 ans, le jeune homme est issu d’une tribu de tradition bouddhiste. Il déclare à Ucanews : « Les missionnaires essayent de se développer et de répandre, par les enseignants, les lumières de l’éducation jusque dans les régions les plus reculées des populations tribales. » Il ajoute que la formation spirituelle dispensée aux enfants catholiques est particulièrement utile, car même lorsqu’ils sont scolarisés dans une école publique, ils ne reçoivent pas de formation de ce type de la part des instituteurs du gouvernement.