Eglises d'Asie

Au Henan, la répression contre l’Église s’accélère

Publié le 03/05/2018




Le 24 avril au matin, les autorités de la ville de Diandian, dans le comté de Shangcai, ont ordonné la fermeture d’une église non enregistrée de Gadazhang, dans le diocèse de Zhumadian. Sur les dix diocèses que compte la province du Henan, il s’agit du huitième diocèse à connaître une telle répression depuis la prise de fonctions, mi-mars, de Wang Guosheng, le nouveau chef de la province.

La répression se durcit contre l’Église locale au Henan, un centre important du christianisme chinois, suite à la fermeture forcée d’une église catholique non enregistrée. Le prêtre en charge de l’église était bien enregistré auprès du gouvernement, contrairement à l’église, selon une source interrogée par l’agence Ucanews : « Le gouvernement n’autorisera pas l’ouverture ou l’enregistrement de l’église. » Le matin du 24 avril, les autorités de la ville de Diandian, dans le comté de Shangcai, ont envoyé deux officiers fermer l’église catholique de Gadazhang, dans le diocèse de Zhumadian. Une vidéo circulant en ligne montre une catholique âgée en train d’arracher le sceau apposé contre les portes de l’église et un groupe de catholiques protester contre les officiers en question. Ceux-ci ont répondu qu’il s’agissait de la politique du Parti communiste.
Selon la même source, il est peu probable que les autorités saisissent l’église, mais le clergé ne pourra pas y retourner avant un certain temps. Le curé de la paroisse a demandé aux catholiques de « prier pour l’Église ainsi réprimée ». La source interrogée condamne cette « force brutale » et affirme que le gouvernement, en agissant ainsi, ignore et piétine la politique de l’État concernant les religions. Avec cet évènement, le diocèse de Zhumadian est le huitième sur les dix diocèses que compte le Henan à connaître une telle répression religieuse, depuis la nomination du nouveau chef de la province, Wang Guosheng, qui a pris ses fonctions mi-mars. Dans les diocèses d’Anyang, de Luoyang, de Xinxiang, de Puyang, de Zhengzhou, de Shangqiu et de Kaifeng, le gouvernement s’en est pris à des églises catholiques et protestantes. La pierre tombale d’un évêque décédé de l’Église souterraine a été détruite, des prêtres ont été chassés et des propriétés ecclésiales ont été saisies.

Plus de 300 000 catholiques au Henan

Le 8 avril, l’Association patriotique des catholiques chinois du Henan et la Commission administrative catholique du Henan ont signé conjointement un communiqué demandant à la population de respecter « les principes de séparation entre la religion et l’éducation » et les nouvelles réglementations sur les affaires religieuses. Selon le communiqué, aucun lieu confessionnel ne peut accueillir des sessions de formation, et les parents ne peuvent pas amener leurs enfants à l’église : « Avant, il ne s’agissait que d’éducation et de propagande, mais aujourd’hui, il y a une ligne à ne pas franchir, sous aucun prétexte ; prenez-le au sérieux. » Le communiqué a également prévenu les chrétiens que les autorités poursuivraient toute personne enfreignant les règles et feraient fermer l’édifice concerné.
Bien que l’on ne dispose d’aucune statistique officielle, la population chrétienne de la province du Henan serait la deuxième plus importante du pays après la province de Zhejiang. En 2009, le Henan comptait environ 2,4 millions de chrétiens, dont 300 000 catholiques. Fin 2011, il y avait 2 525 églises chrétiennes et 4 002 bâtiments ecclésiaux dans la province.

(Avec Ucanews, Hong-Kong)