Eglises d'Asie

À Rangoun, les manifestants poursuivent leur mouvement malgré le début du nouvel an birman

Publié le 14/04/2021




Le nouvel an birman, l’une des fêtes les plus importantes du pays, est célébré du 13 au 18 avril. À cette occasion, les maisons sont décorées avec des vases remplis de fleurs. Malgré les festivités, les manifestants contre le coup d’État et le régime militaire ont promis de poursuivre leur mouvement. Ainsi, lors des manifestations du 13 avril, on pouvait voir des opposants porter des fleurs et des pots, entre autres formes symboliques de résistance. Le 12 avril dans le sud du pays, une veillée a également été organisée en l’honneur des victimes devant la cathédrale de Pathein.

Le 12 avril à Pathein (dans le sud de la Birmanie), la veille du nouvel an birman, une veillée était organisée en l’honneur des victimes du mouvement de résistance civile.

Du 13 au 18 avril, la Birmanie célèbre le Thingyan, la fête de l’eau du nouvel an birman, l’une des fêtes les plus importantes de l’année dans le pays. Les groupes manifestant contre le coup d’État militaire birman ont promis de continuer leur mouvement de résistance civile à la place des festivités, même durant cette période. Durant le nouvel an birman, qui prend ses racines dans le bouddhisme, les maisons sont décorées avec des vases remplis de fleurs. C’est pourquoi lors des manifestations du 13 avril, à travers le pays, on pouvait voir des manifestants portant des bouquets et des plantes en pots. De nombreux petits pots contenant des jeunes pousses ont également été déposés dans l’eau à Rangoun au début du nouvel an birman. On compte d’autres formes de protestations symboliques comme des peintures de rue, des coups de klaxon, des mains en carton formant le salut à trois doigts emblématique du mouvement – plantées dans les pots… Ces gestes sont posés discrètement afin de rassembler les forces du mouvement face aux violences et aux arrestations quotidiennes, et quelques jours après le massacre de Bago, près de Rangoun, où au moins 80 personnes ont été tuées par l’armée le 9 avril.

« Pour les héros tombés durant la révolution du printemps »

Le 12 avril à Tamu, dans la région de Sagaing, près de la frontière avec l’Inde dans le nord-ouest du pays, des soldats ont également attaqué un hôpital local, frappé les agents de sécurité et menacé les médecins et le personnel soignant avec des armes, les forçant à leur remettre leurs téléphones portables. Durant plus de deux mois, les habitants de Tamu ont organisé une forte résistance et l’entrée de la ville était protégée par des barricades. Un des responsables du mouvement de résistance est un ancien policier qui a démissionné en signe de protestation contre le coup d’État. Il a été tué début avril durant des tensions avec les forces de l’ordre, au court desquelles cinq soldats sont décédés. Le 12 avril au matin, les soldats ont détruit toutes les barricades à l’entrée de la ville avec des bulldozers. Le mouvement prodémocratie a suggéré une journée de silence et de prière afin de commémorer les victimes des violences, « les héros » tombés et les enfants tués par les forces de l’ordre. La proposition concerne les bouddhistes, les chrétiens et les fidèles de toute autre religion prenant part au mouvement. Lundi 12 avril, la veille du début du nouvel an birman, à Pathein dans l’ouest du delta de l’Irrawaddy, une veillée a été organisée devant la cathédrale locale en l’honneur des victimes du mouvement de résistance civile, « pour les héros tombés durant la révolution du printemps » en Birmanie, en présence de plusieurs centaines de fidèles, dont des prêtres, des religieuses et des séminaristes.

(Avec Asianews)


CRÉDITS

DR