Eglises d'Asie

Avant les élections nationales sri-lankaises, les chrétiens prient pour la réconciliation nationale

Publié le 30/07/2020




Le 5 août, près de 16 millions de Sri-Lankais seront invités à se rendre aux urnes, afin de choisir les 225 membres du Parlement. Les élections nationales, prévues à l’origine le 25 avril, ont déjà dû être reportées à deux reprises en raison de la crise sanitaire. Un total de 20 partis et de 34 groupes indépendants luttent pour leur place au sein du Parlement. Pour la communauté catholique, l’un des principaux enjeux des élections et de l’avenir politique du pays est la réconciliation nationale. « Alors que nous devons choisir nos dirigeants, accorde à tous d’être guidés par l’Esprit Saint, accorde-leur d’avoir la sagesse de choisir des candidats qui ne suivront pas des voies égoïstes et corrompues », confie le père Reid Shelton Fernando, qui assure que les chrétiens prient pour des élections libres et justes.

Avant les élections générales sri-lankaises, prévues le 5 août, la communauté chrétienne prie pour la réconciliation nationale, en espérant discerner la bonne direction à suivre. « En tant qu’électeur, nous avons une grande responsabilité en soutenant une personne susceptible de posséder les qualités qui permettront au pays d’être libre et uni », confie le père Reid Shelton Fernando, ancien aumônier du Mouvement des jeunes travailleurs chrétiens, en priant avec les fidèles avant les élections. « Alors que nous devons choisir nos dirigeants, accorde à tous les citoyens de ce pays d’être guidés par l’Esprit Saint, qu’ils soient chrétiens ou non ; accorde-leur d’avoir la sagesse de choisir les meilleurs candidats, qui ne suivront pas des voies égoïstes et corrompues », a ajouté le prêtre. « Nous prions pour que le processus électoral se déroule de manière juste, honnête et libre, sans fraudes ni difficultés techniques, et qu’un gouvernement puisse se former pour diriger notre pays avec droiture », a-t-il poursuivi.

Les élections, prévues le 25 avril à l’origine, ont dû être reportées une première fois au 20 juin en raison du confinement, qui a débuté en mars au Sri Lanka. La Commission électorale a ensuite reporté encore la date des élections au 5 août. En tout, 20 partis politiques et 34 groupes indépendants sont engagés la campagne électorale, pour décrocher l’un des 225 sièges du Parlement. Près de 16 millions de citoyens sri-lankais sont inscrits sur les listes électorales. Le père Cecil Joy Perera, recteur du séminaire de Daham Sevana, estime que beaucoup de ceux qui sont dénoncés pour leur corruption sont passés par les écoles catholiques et ont écouté les sermons des prêtres dans les paroisses locales. « Il faut reconnaître que les hommes et femmes catholiques ont une mauvaise réputation au Sri Lanka. En tant que catholiques, nous sommes peinés et honteux de savoir que certains des nôtres n’ont fait qu’aggraver la culture politique sri-lankaise, déjà dégradée et corrompue », regrette le père Perera. Récemment, l’organisation TISL (Transparency International Sri Lanka) a lancé une plateforme afin de permettre au public de soumettre des plaintes et de comprendre l’étendue du problème de la corruption dans le pays.

À ce jour, l’agence a enregistré 103 plaintes avant les élections, dont beaucoup concernent des projets de développement parrainés par l’État mais détournés afin de financer des campagnes électorales. Au 24 juillet, un organisme de surveillance local, le groupe PAFFREL (Action populaire pour des élections libres et justes), a également enregistré 1 469 plaintes concernant les lois électorales. De son côté, le Conseil national pour la Paix (NPC) a invité les candidats, les partis politiques et les électeurs à choisir la réconciliation nationale. « Quels que soient les partis qui remporteront les élections à venir, le pays doit être uni, sinon nous serons tous perdants », a déclaré NPC dans un communiqué. « Notre pays a souffert trop longtemps de notre incapacité à nous unir et à rassembler tous nos citoyens, autour d’un gouvernement que tous puissent reconnaître comme raisonnable et juste. Ce mois de juillet doit nous amener à l’introspection sur nos divisions passées, et à réfléchir sur les moyens de cheminer vers une coexistence paisible. »

(Avec Asianews et Ucanews, Colombo)


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