Eglises d'Asie – Chine
Bébés génétiquement modifiés : un scientifique chinois vivement critiqué pour ses recherches
Publié le 01/12/2018

Il explique que le Sida est un problème dans beaucoup de pays développés et que les enfants infectés sont discriminés. « Ce que nous pouvons faire pour les aider, c’est l’objet de ce projet », a-t-il déclaré. Le professeur a ajouté qu’il ne révélerait pas l’identité des bébés à cause de la violation des lois chinoises, et que son université n’était pas au courant. Il explique que les rencontres avec les couples participants ont duré environ 70 minutes, pour s’assurer qu’ils comprenaient bien et qu’ils acceptaient l’implantation de deux embryons. Il a ajouté que l’équipe de recherche continuera de suivre la croissance et la santé des jumelles jusqu’à l’âge de 18 ans. « Je m’occuperai d’elles avec tout mon argent et toute mon énergie. Je suis prêt à en assumer la responsabilité pour le restant de ma vie », affirme-t-il. Suite à son intervention, Tsui Lap-chee, président de l’Académie des sciences de Hong-Kong, a confié que les propos du professeur n’ont pas suffi à éclaircir les doutes à propos de son expérience. Tsui Lap-chee, généticien, a déclaré qu’il y a un code à respecter pour les recherches scientifiques. « Chaque étape doit être déclarée et partagée avec les autres, mais il voulait réussir à tout prix. En fin de compte, les bébés n’ont pas bénéficié d’une aide médicale, ils ont juste été l’objet de ses expériences. C’est totalement immoral », a-t-il dénoncé, ajoutant que l’expérience était « complètement injustifiée ».
L’héritage le plus précieux de l’humanité
« C’était une mauvaise décision, parce que des traitements existent déjà contre le sida, et il peut être évité avec une éducation adaptée. Alors pourquoi utiliser une méthode aussi difficile pour régler le problème ? » a-t-il demandé. Il a décrit les deux filles comme « malchanceuses » et que les événements prouvent qu’il est nécessaire de renforcer les contrôles moraux et ethniques des expériences scientifiques, et même de réfléchir à l’encadrement de telles expériences par la loi. Le père Joseph Tham, qui enseigne à la faculté de bioéthique de l’Athénée pontifical Regina Apostolorum, à Rome, estime que le scientifique n’avait pas réfléchi à l’expérience du point de vue des bébés. « A-t-il pensé à leur avenir ? À leur développement psychologique, à leur évolution sur le plan de la santé ? Il semble que personne ne peut le dire, et c’est injuste pour les filles. Même s’il dit qu’il prendra soin d’elles, il n’est pas médecin. » Le prêtre ajoute qu’en matière de consentement éclairé, « les règles sont très strictes ». « A-t-il dit aux parents que l’expérience était sans précédent et les résultats inconnus ? » Le cardinal Elio Sgreccia, président émérite de l’Académie pontificale pour la vie, cité par Vatican News, affirme que « l’héritage le plus précieux de l’humanité est son patrimoine génétique », qui est inviolable « parce que tout changement aura un impact sur toute l’humanité ». Par conséquent, « nous devons respecter les principes de précaution et refuser fermement ». Il ajoute que ce qui est possible sur le plan technique n’est pas souhaitable sur le plan éthique. Le cardinal a demandé au Seigneur la prudence, la justice et la rigueur scientifique, en appelant les législateurs à renforcer la loi dans ce domaine, « parce que ce n’est pas qu’une seule personne mais toute l’humanité qui a été visée ».
(Avec Ucanews, Hong-Kong)
Crédit : Doraemon.tvb (CC BY-SA 3.0)