Eglises d'Asie

Caritas Pakistan auprès des victimes des inondations dans la province du Pendjab

Publié le 11/09/2020




Depuis le 15 juin, selon l’agence nationale de gestion des catastrophes, 236 personnes sont décédées dans les inondations provoquées par les six épisodes consécutifs de pluies de mousson violentes qui ont frappé la province pakistanaise du Pendjab, et 1 303 maisons ont été touchées. À Balkana, l’un des soixante villages de la province qui ont été inondés par les eaux de la rivière Chenab, une équipe locale de la Caritas de Multan gère un abri d’urgence, afin de loger près de 25 femmes et enfants qui ont fui leurs logements inondés. Dans le district de Muzaffargarh, l’un des plus affectés, plus de 700 000 personnes ont été déplacées.

Un abri géré par Caritas Pakistan au village de Balkana, affecté par les pluies de mousson dans la province pakistanaise du Pendjab.

Dans le village inondé de Balkana, dans la province pakistanaise du Pendjab, Caritas a mis des locaux à disposition des femmes et des enfants qui ont fui leurs maisons après les fortes pluies de mousson qui ont frappé le pays ces dernières semaines. « Nous accueillons aussi des habitants des villages voisins. La plupart d’entre eux viennent de se rencontrer pour la première fois, dans ce refuge. Plusieurs enfants ont des allergies cutanées et des maux de ventre après avoir bu de l’eau jaunâtre contaminée. Les enfants pleurent la nuit à cause de l’humidité et de l’obscurité [l’électricité a été coupée] », explique Saima Rani, qui coordonne les opérations dans l’abri temporaire, construit l’an dernier par l’antenne de Caritas de Multan. L’organisation catholique intervient dans la région depuis le 31 août, quand des inondations soudaines, provoquées par 24 heures de pluies torrentielles, ont détruit les cultures et endommagé les maisons des villages à proximité de la rivière Chenab.

Quand les autorités ont prévenu d’une inondation à Balkana et dans les communautés voisines, les membres de l’équipe locale de gestion des catastrophes (DMC) de la Caritas pakistanaise ont notamment recommandé à la population de protéger leurs documents et leurs affaires dans des sacs plastiques. « L’eau était partout, la pluie tombait sans cesse et tout était inondé. Nous sommes sortis quand l’un des murs s’est effondré. Peu après, le toit s’est écroulé. Nous avions prévu des voies d’évacuation pour les groupes les plus vulnérables. Mais presque toutes les maisons ont été touchées », explique Saima Rani. « Nous ne pouvons permettre aux enfants de jouer dans l’eau à cause des serpents qui ont été repérés. Le bétail a été attaché en hauteur, sur des routes qui mènent au village. Nous craignons pour la nourriture des bêtes, parce que les cultures sont inondées et commencent à pourrir », ajoute-t-elle. Balkana est l’un des soixante villages de la province qui ont été affectés par les inondations de la rivière Chenab. Selon l’agence nationale de gestion des catastrophes, depuis le 15 juin, 236 personnes sont décédées dans les inondations dans la région, dont 91 enfants, et 1 303 maisons ont été endommagées par les intempéries.

700 000 personnes déplacées

La maison d’accueil d’urgence de Caritas à Balkana abrite 25 femmes et enfants qui ont fui la catastrophe. Les biens qui ont pu être récupérés reposent dans un coin. L’abri, qui a été construit sur un terrain appartenant à un fermier, compte des toilettes communes et un robinet où coule l’eau courante. Les hommes s’abritent sous les arbres sur des charpoys (lits tissés traditionnels en bois) ou vont chercher du travail, tandis que les femmes cousent des taies d’oreiller, des nappes ou des vêtements pour enfants. « Nous avons plus de travail à cause des inondations. Mon mari [un fermier] a cultivé du sésame à cause des retards de la mousson annuelle. Toutes nos économies ont été englouties. Un membre de l’équipe de Caritas est mort d’une crise cardiaque quand sa ferme piscicole a été inondée », explique Saima Rani. L’équipe locale de gestion des catastrophes la Caritas soutient les femmes du village depuis 2008 en leur fournissant de la laine, des aiguilles et des machines à coudre. Par ailleurs, six abris sont gérés par Caritas dans les villages de Muzaffargarh, l’un des districts les plus affectés par les inondations, avec plus de 700 000 personnes déplacées par les crues de la rivière Chenab, du fleuve de l’Indus, des canaux et autres affluents. Depuis le mois dernier, Caritas Pakistan a également fourni des colis alimentaires, des repas cuisinés et des bâches aux victimes des inondations. Plus de 700 personnes ont reçu des repas à Karachi, où les bureaux diocésains ont été inondés et où l’électricité a été coupée pendant près d’une semaine. Le week-end dernier, le Premier ministre Imran Khan a annoncé une aide d’urgence d’1,1 mille milliards de roupies pakistanaises (5,58 milliards d’euros) dans le cadre d’un plan de modernisation de la plus grande ville du pays (Karachi Transformation Plan), notamment concernant l’eau potable, les égouts, les canalisations et la gestion des déchets.

Des épisodes de mousson inattendus

Le 4 septembre, dans le diocèse de Multan, Caritas a distribué six gilets de sauvetage aux membres de l’équipe de gestion des catastrophes de la Caritas locale. « Les résidentes de l’abri d’urgence vendent des draps pour environ 5 000 roupies [25 euros]. Et près de 1 600 kg de céréales ont pu être stockés. Cela les aidera à soutenir leurs familles, parce qu’il faudra plus d’un mois avant que les eaux se retirent complètement », explique Samuel Clement, secrétaire général de la Caritas de Multan. « Les victimes des inondations se plaignent des camps installés par le gouvernement qui sont trop éloignés. Certains refusent de quitter leurs maisons même inondées. Un membre de l’équipe de gestion des catastrophes a passé deux jours dans un bateau avec des réfugiés, dans des courants violents. Une digue que nous avons construite il y a deux mois a été inondée. » Selon Amjad Gulzar, directeur général de Caritas Pakistan, les six épisodes consécutifs de pluies de mousson qui ont frappé la région étaient inattendus. « La situation continue d’empirer et affecte le pays tout entier. Il va falloir beaucoup de travail et une intervention prolongée sur le terrain pour pouvoir secourir les survivants et permettre aux communautés affectées de se relever. »

(Avec Ucanews, Balkana)


CRÉDITS

Kamran Chaudhry / Ucanews