Eglises d'Asie

Commémoration des attentats du 21 avril : un an après, des jeunes rendent hommage aux victimes

Publié le 23/04/2020




Ce mardi 21 avril à 8h40, tous les lieux de culte du Sri Lanka étaient appelés à sonner en hommage aux victimes des attentats du dimanche de Pâques, un an après les attaques qui ont entraîné 279 morts et plus de 500 blessés. Malgré le confinement, les Sri-Lankais étaient invités à participer à distance aux célébrations organisées en mémoire des victimes et à observer deux minutes de silence. Un groupe de jeunes de Colombo a également composé une chanson pour marquer l’événement, diffusée sur les réseaux sociaux afin d’appeler à reconstruire la paix interreligieuse au Sri Lanka.

Des jeunes sri-lankais ont composé une chanson qu’ils ont diffusée sur les réseaux sociaux en hommage aux victimes des attentats du 21 avril 2019, un an après, afin de contribuer à reconstruire la paix et l’harmonie interreligieuse dans le pays. Gayan Abegoda, membre du groupe, rappelle que « ces attaques ont semé des graines de racisme et d’extrémisme religieux parmi la population », et ajoute qu’il est « évident que certaines personnalités politiques ont exploité cela à leur avantage ». « Il en résulte beaucoup de suspicion et de haine envers la communauté musulmane, ciblée par les violences dans certaines régions », assure-t-il. « L’une des principales promesses des élections présidentielles de 2019 était de rendre justice aux victimes et de poursuivre les coupables », poursuit-il. Le 21 avril dernier, un an après les attentats du dimanche de Pâques, tous les lieux de culte du pays étaient appelés à sonner à 8h40, avant de respecter deux minutes de silence puis d’allumer une bougie ou une lampe en suivant à distance les rites religieux célébrés en hommage aux victimes. Le 21 avril 2019, neuf terroristes affiliés au groupe islamiste local National Thowheed Jamath ont ciblé trois églises et trois hôtels de luxe, tuant au moins 279 personnes et entraînant plus de 500 blessés. Les explosions ont eu lieu entre 8h45 et 9h30.

Depuis, les responsables publics et religieux du pays ont dénoncé les autorités, accusées d’être resté inactives malgré des informations reçues des services secrets. Herman Kumara, responsable du mouvement national Fisheries Solidarity, souligne qu’un an après, le gouvernement n’a toujours pas respecté ses promesses. « Nous constatons que les poursuites judiciaires sont ralenties non seulement par la crise sanitaire, mais aussi par d’autres intérêts politiques », poursuit Herman, qui a participé à la composition diffusée sur les réseaux sociaux en hommage aux victimes. « Nous appelons à poursuivre la défense de la paix et de la coexistence interreligieuse. Nous avons agi pour attirer l’attention du gouvernement sur les attentats par cette chanson, qui a été créée avec la participation de nombreux jeunes. » Aruni Fernando, mère de trois enfants, confie avoir allumé 15 lampes à huile, le 21 avril au matin, en commémoration des victimes. Elle explique que de nombreux familles tentent toujours de comprendre ce qui leur est arrivé ce jour-là, et qu’elles ont besoin de soutien pour guérir leurs blessures intérieures. « Le coronavirus a empêché les familles de se rassembler, de célébrer et de se rendre au cimetière pour poursuivre leur deuil et chercher du réconfort », regrette-t-elle.

(Avec Ucanews, Colombo)


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