Eglises d'Asie

Coronavirus : le gouvernement cambodgien annule les célébrations du Nouvel an khmer

Publié le 08/04/2020




Ce mardi 7 avril, le gouvernement cambodgien a annulé les célébrations du Nouvel an khmer, qui devait avoir lieu du 14 au 16 avril, de peur que les familles ne retournent dans leurs villages pour les festivités et accélèrent la propagation du coronavirus dans leurs communautés respectives. La décision a été accueillie avec dépit et résignation, alors que plus de 75 000 personnes à travers le monde sont déjà décédées du Covid-19. Le Cambodge, à ce jour, a rapporté 115 infections confirmées, dont 58 guérisons et aucun décès.

Le Premier ministre cambodgien, Samdech Hun Sen, lors d’une rencontre en 2015 avec Sam Rainsy, son opposant principal.

« Il fallait s’y attendre », commente un vendeur de rue de Phnom Penh, qui préfère rester anonyme. « Ce virus est très contagieux, et pour l’instant, le Cambodge a eu de la chance. » Ce 7 avril, le Premier ministre Hun Sen a déclaré, durant une conférence de presse donnée dans le Palais de la Paix de Phnom Penh, que sa décision d’annuler les festivités du Nouvel an khmer, fêté habituellement du 14 au 16 avril, est destinée à empêcher les Cambodgiens d’entreprendre leur traditionnel pèlerinage dans leur région d’origine pour fêter le nouvel an avec leurs familles. « Le gouvernement cherche à réduire les déplacements afin d’empêcher la propagation de l’épidémie dans le pays. Cette mesure est destinée à éviter que les gens de transmettent le virus d’un lieu à l’autre », a confié Hun Sen. Il a également précisé que le festival de trois jours, qui a lieu tous les ans du 14 au 16 avril, sera remplacé par un congé national de cinq jours après la fin de la pandémie. L’exposition du pays au virus à été, jusqu’ici, relativement faible par rapport à d’autres pays. Le père Giovanni Tulino, missionnaire PIME, estime que les gens se sont sentis rassurés par le climat tropical du Cambodge, qui pourrait avoir freiné la propagation du virus dans le pays. « Actuellement, la situation est revenue pratiquement à la normale. La panique des premiers jours a disparu. On voit des gens qui continuent leur quotidien sans même porter de masques », avoue-t-il. Initialement, Hun Sen a été accusé de négligence face à la pandémie, en autorisant l’accostage de certaines embarcations transportant des passagers infectés. Mais la situation a rapidement changé avec la fermeture des frontière et l’annulation des vols, malgré le retour de nombreux Khmers travaillant à l’étranger, qui pourraient rapporter le virus avec eux. La Thaïlande voisine a, de son coté, enregistré plus de 2 200 infections, dont 27 décès.

(Avec Ucanews, Phnom Penh)


CRÉDITS

Alex Willemyns