Eglises d'Asie

Coronavirus : Pékin au secours des petites entreprises face à la chute des exportations

Publié le 28/02/2020




Le Conseil des affaires d’État du gouvernement chinois a autorisé l’injection de 500 milliards de yuans (65 milliards d’euros) afin de soutenir le système financier national face à la crise du coronavirus. Cette somme sera allouée aux petites et moyennes entreprises via la Banque centrale, sous la forme de prêts aux taux subventionnés. Une première somme de 300 milliards de yuans (39 milliards d’euros) avait déjà été approuvée par l’État début février. À ce jour, le gouvernement a injecté plus de 1 000 milliards de yuans (environ 130 milliards d’euros) afin de soutenir l’économie affectée par l’épidémie. Selon les chiffres du ministère de l’Industrie, seules 30 % des petites entreprises ont rouvert leurs portes – et plus de 60 % des grandes entreprises.

Depuis le début de l’épidémie du coronavirus Covid-19, le gouvernement chinois a déjà injecté plus de 1 000 milliards de yuans (environ 130 milliards d’euros) afin de soutenir l’économie nationale et la production industrielle, fortement affectées par la crise. Ainsi, seules 30 % des petites entreprises et 60 % des moyennes et grandes entreprises ont rouvert leurs portes, selon le ministère chinois de l’Industrie. De son côté, la banque britannique Standard Chartered estime le nombre de personnes qui ont repris le travail dans le pays à seulement 47 % de la main-d’œuvre chinoise. On compte également près de 63 millions d’entrepreneurs indépendants qui risquent d’être particulièrement exposés au cours des prochains mois par manque de financements, alors qu’ils emploient au moins 150 millions de personnes dans le pays. Une telle perspective représente une véritable bombe à retardement pour le gouvernement, qui a autorisé une nouvelle injection de 500 milliards de yuans (65 milliards d’euros) pour soutenir le système financier chinois. Une somme qui sera versée sous forme de prêts subventionnés aux petites et moyenne entreprises, via la Banque centrale chinoise. Les autorités chinoises ont également demandé aux banques commerciales d’accorder des prêts aux commerces qui produisent dans les zones rurales. Les banques d’État devront également octroyer 350 milliards de yuans (46 milliards d’euros) à taux réduits aux petites entreprises.

Ainsi, Pékin se démène pour ramener la production industrielle au niveau habituel. Selon de nombreux observateurs, la croissance du PIB national devrait ralentir pour atteindre entre 4 et 5 % d’ici la fin du premier trimestre 2020. Le pays est un élément central des chaînes de valeur mondiales, en particulier dans le secteur technologique. Mais les conteneurs restent vides dans les ports, et la Chambre internationale de la marine marchande estime que l’industrie chinoise perd environ 320 millions d’euros d’exportations par semaine. Le fret aérien est également lourdement affecté. Les gros transporteurs comme UPS, FedEx Express et DHL continuent de voyager vers et depuis la Chine, mais les volumes de livraison ont fortement diminué. Parmi les géants technologiques, Microsoft affirme que les ventes d’ordinateurs personnels devraient chuter significativement, étant donné que les fournisseurs chinois sont incapables de maintenir leur production au niveau requis. Le même problème affecte Apple, qui assemble ses iPhones en chine. Le ministère chinois de l’Industrie a déclaré que les livraisons de smartphones ont chuté de 39 % en janvier. Les prédictions pour le premier trimestre 2020 estiment une baisse de production de 30 % par rapport à l’année dernière à la même période.

(Avec Asianews, Pékin)


CRÉDITS

John Fielding