Eglises d'Asie

Corridor économique Chine-Pakistan : recul des investissements chinois et impasse des Nouvelles routes de la soie

Publié le 10/03/2020




Presque sept ans après son lancement, le Corridor économique Chine-Pakistan (CPEC) se retrouve dans l’impasse. Le vaste projet d’investissement, qui fait partie des Nouvelles routes de la soie (Belt and Road Initiative) – lancées par le président Xi Jinping afin de renforcer la puissance économique chinoise –, devait relier le Xinjiang, dans le nord-ouest de la Chine, au port pakistanais de Gwadar, en mer d’Oman. À l’origine, le CPEC devait comprendre un port, des routes, des voies ferrées, des pipelines, des fibres optiques, des usines et un aéroport, mais à l’heure actuelle, seul un tiers des projets annoncés initialement a pu être achevé.

Le Corridor économique Chine-Pakistan (CPEC) a été lancé en 2013 dans le cadre des Nouvelles routes de la soie (BRI – Belt and Road Initiative) chinoises, voulue par Pékin pour développer l’influence et la puissance économique chinoise. Le projet sino-pakistanais devait relier la province du Xinjiang, dans le nord-ouest de la Chine, à la région de Gwadar, en mer d’Oman, avec de nombreuses infrastructures annoncées (un port et un aéroport, des routes, des voies ferrées, des gazoducs et des usines…). Selon le groupe Bloomberg, les Pakistanais sont convaincus que la région de Gwadar peut devenir le principal centre économique du pays d’ici 2030, et constituer la première source de revenus du Pakistan. Mais à ce jour, l’activité économique dans la région reste précaire. Le site du nouvel aéroport reste un terrain clôturé et désertique, alors que l’aéroport aurait dû être achevé il y a déjà plus de trois ans grâce aux fonds chinois. L’échec du CPEC est en partie dû à la corruption largement répandue au Pakistan, ainsi qu’à la présence de rebelles baloutchis dans la région. Mais le problème principal est ailleurs, alors que les Chinois semblent hésitants face à la crise. La Chine a non seulement été durement touchée par la guerre commerciale avec les États-Unis, mais aussi, depuis fin 2019, par l’épidémie du coronavirus de Wuhan. L’an dernier, la croissance du PIB chinois a atteint 6,1 %, son plus bas niveau depuis trente ans.

Recul des investissements chinois à l’international

Il n’est donc pas surprenant de voir les dirigeants chinois revenir sur leurs investissements annoncés dans le cadre des Nouvelles routes de la soie (BRI). Plusieurs projets ont été annulés ou modifiés, notamment en Malaisie et au Kenya. Certains partenaires veulent également réduire leur degré d’endettement envers la Chine. Les États-Unis ont d’ailleurs mis en garde les pays concernés contre le risque d’endettement qui feraient de ces nations des vassales de Pékin. L’engagement financier de la Chine, en terme de promesses d’investissements dans le cadre du BRI, se compte en plusieurs milliers de milliards de dollars US. Mais à l’heure actuelle, depuis son lancement en 2013, le vaste projet d’investissements ne semble pas avoir été à la hauteur de ce qui a été annoncé, selon le site d’intelligence économique China Global Investment Tracker. Il est donc clair que la Chine n’a pas suffisamment de capital pour respecter ses promesses. Pékin n’a pas non plus inclu d’autres investisseurs étrangers (comme les États-Unis, l’Europe ou le Japon), qui voient les Nouvelles routes de la soie comme une façon d’accentuer l’influence géopolitique de la Chine. Par exemple, les institutions financières chinoises, dont la banque Exim (Export Import Bank of China), accordent des prêts pour financer la participation des entreprises chinoises dans divers projets du BRI, avec la condition de l’utilisation d’un certain pourcentage de matériaux et composants chinois. Les projets lancés dans le cadre des Nouvelles routes de la soie ont également un problème de transparence, en particulier concernant leur durabilité financière, ce qui a pu freiner la participation des entreprises occidentales, japonaises et sud-coréennes.

(Avec Asianews)


CRÉDITS

Anthony Maw