Eglises d'Asie

Covid-19 : les investissements de Pékin dans les Nouvelles routes de la soie continuent de plonger

Publié le 21/07/2020




Le 16 juillet, le Bureau national des statistiques chinois a publié de nouvelles données économiques sur le premier semestre 2020, qui indiquent que l’économie chinoise a souffert des mesures sanitaires strictes imposées par Pékin contre le Covid-19. Malgré une légère reprise de la croissance économique au deuxième trimestre 2020, après une forte chute du PIB au cours des trois premiers mois, la consommation et les investissements à l’étranger sont fortement affectés. Ainsi, entre janvier et juin, les investissements chinois dans les Nouvelles routes de la soie (BRI) ont chuté d’un peu plus de 25 milliards de dollars US. La crise sanitaire semble donc aggraver un ralentissement déjà remarqué au cours des dernières années.

Le 20 juin 2016 à Varsovie, le président polonais Andrzej Duda et le président chinois Xi Jinping participent à l’inauguration d’un train de marchandises de la « China Railway Express ».

Au cours des six premiers mois de l’année 2020, les investissements chinois dans les Nouvelles routes de la soie (BRI) ont chuté d’un peu plus de 25 milliards de dollars US, selon le site d’intelligence économique China Global Investment Tracker (CGIT). L’an dernier, en 2019, l’ensemble des investissements de Pékin dans ce vaste programme de constructions d’infrastructures portuaires, ferroviaires et terrestres entre la Chine et l’Europe s’est élevé à 105 milliards de dollars US. Toutefois, alors que les BRI (Belt and road initiatives) étaient destinées à placer la Chine au centre du commerce mondial, la pandémie a empiré un ralentissement économique qui était déjà constaté depuis quelques temps. En fait, en 2018, les investissements chinois dans les Nouvelles routes de la soie s’élevaient encore à 126 milliards de dollars US. Pour les analystes, la chute des investissements dans les BRI est due au ralentissement de la croissance économique chinoise, à la montée des tensions géopolitiques entre la Chine et les États-Unis, et à la situation de surendettement de beaucoup de pays partenaires du programme. Les conditions d’investissements imposées par Pékin sont également un autre facteur majeur. Les principales institutions financières de la Chine comme la China Development Bank ou la China Exim Bank n’accordent des prêts pour des projets BRI que si les sociétés chinoises sont partenaires et si un certain pourcentage de matériaux et de composants vient de Chine.

Ces conditions défavorisent les entreprises partenaires des pays « bénéficiaires ». Les nouveaux chiffres, publiés le 16 juillet, montrent que les investissements directs non financiers de la Chine à l’étranger ont baissé de 0,7 % en glissement annuel au premier semestre. La Chine a ajouté un total de 8,1 milliards de dollars d’investissement directs non financiers dans les pays partenaires du programme BRI (soit une hausse de 19,4 % en glissement annuel). Beaucoup de projets BRI en Afrique et en Asie ont été suspendus ou ralentis fortement en raison de la pandémie, ce qui a sérieusement affecté près de 20 % des projets BRI. Près de 40 % des projets BRI ont également été modérément affectés ; les projets restants ayant été « légèrement affectés », selon Wang Xiaolong, directeur général du Département des affaires économiques internationales du ministère chinois des Affaires étrangères. Actuellement, alors que beaucoup de pays souffrent encore des conséquences sanitaires, économiques et sociales de la pandémie, la Chine ne pourra sans doute pas retrouver à court terme les niveaux d’investissements des années passées.

(Avec Asianews, Pékin)


CRÉDITS

Andrzej Hrechorowicz / Wikicommons