Eglises d'Asie

Crise démographique : la population chinoise passe sous le seuil d’1,4 milliard d’habitants

Publié le 30/04/2021




Selon une publication du Financial Times, citant le dernier recensement officiel, la population chinoise est passée sous la barre d’1,4 milliard d’habitants et a enregistré une baisse démographique pour la première fois depuis l’époque du « Grand Bond en avant », un programme de réformes mené par le Parti communiste chinois de 1958 à 1961. Le relâchement de la politique de l’enfant unique en 2016 n’a pas suffi à améliorer la situation. Afin de contenir les coûts de retraite, le Premier ministre Li Keqiang a annoncé, en mars dernier, l’augmentation progressive de l’âge de départ à la retraite.

La population chinoise est passée sous le seuil d’1,4 milliard d’habitants, soit la première baisse démographique depuis soixante ans, selon le Financial Times, qui cite les derniers chiffres d’un recensement officiel. Selon certains experts, le gouvernement n’aurait pas encore annoncé les chiffres par crainte de leurs effets sur l’opinion publique. La dernière fois que le pays a enregistré un tel déclin démographique, cela remonte aux années 1960-1961, durant l’époque du « Grand Bond en avant » – un programme de réformes mené par le Parti communiste chinois de 1958 à 1961. À cette époque, sous une politique économique désastreuse entreprise par Mao Zedong, la population chinoise avait baissé de 13,4 millions. Aujourd’hui, la baisse démographique pourrait être bien plus élevée. Le Bureau national des statistiques était censé publier les chiffres du dernier recensement début avril, mais les autorités ont finalement retardé la publication, officiellement pour améliorer le document, suscitant de vives réactions sur les réseaux sociaux. Pour certains analystes, l’hésitation des autorités prouve que les plus hautes sphères du gouvernement chinois n’ont pas encore arrêté une ligne commune pour gérer ces résultats sensibles et renverser la tendance.

Échec de la politique de l’enfant unique

Ce déclin démographique risque d’avoir de fortes conséquences économiques et sociales. Une population vieillissante suppose des coûts de retraite élevés et un ralentissement économique, en raison de la perte de millions de Chinois en âge de travailler. Comme l’indiquent beaucoup d’observateurs, la Chine vit déjà une situation démographique difficile depuis de nombreuses années. Mais les autorités craindraient de publier les dernières statistiques à cause des nombreux Chinois prêts à critiquer le gouvernement pour avoir mis autant de temps à renoncer à la politique de l’enfant unique. Le manque de transparence des autorités et une collecte des données peu efficace expliquent également la lenteur du gouvernement à changer la politique démographique. Les autorités locales sont connues pour leur tendance à exagérer les chiffres démographiques pour obtenir davantage de ressources.

La Banque populaire de Chine, la PBoC, a recommandé récemment au gouvernement chinois de mettre fin à ses politiques démographiques contraignantes ; si la situation ne change pas, le pays pourrait perdre son avantage économique sur les États-Unis. La PBoC confirme également l’échec de la politique de l’enfant unique. Par ailleurs, le relâchement de cette politique en 2016, avec la possibilité de deux enfants par couple, n’a pas amélioré la situation. Afin de contenir les coûts de retraite, le Premier ministre Li Keqiang a annoncé, en mars dernier lors de la session annuelle du Congrès national du peuple, que le gouvernement chinois prévoit d’augmenter progressivement l’âge de départ à la retraite. Comparé aux principales puissances économiques mondiales, où l’âge de départ à la retraite est situé en moyenne autour de 65 ans, le seuil fixé par Pékin est bien plus bas, entre 50 et 60 ans. Toutefois, avec une économie ralentie, une telle décision pourrait affecter les jeunes, en particulier les nouveaux diplômés entrant sur le marché du travail, et cela pourrait constituer une autre crise sociale.

(Avec Asianews)


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