Eglises d'Asie

Dacca : les chrétiens marquent les 50 ans de l’indépendance bangladaise et l’héritage du père fondateur de la nation

Publié le 18/03/2021




Du 17 au 26 mars, le gouvernement bangladais organise dix jours de festivités pour marquer le 101e anniversaire de Sheikh Mujibur Rahman (1920-1975), considéré comme le père fondateur de la nation, et le 50e anniversaire de l’indépendance bangladaise (26 mars 1971). L’Église locale a lancé de nombreux programmes à cette occasion. Mgr James Romen Boiragi, évêque de Khulna et président de la commission des communications sociales de la conférence épiscopale bangladaise, salue la spiritualité et l’exemple de l’ancien dirigeant, assassiné en 1975 : « Il a toujours travaillé pour le bien du peuple. »

Le 17 mars, les chrétiens bangladais ont organisé des messes spéciales pour le 101e anniversaire de Sheikh Mujibur Rahman, considéré comme le père de la nation.

Le gouvernement bangladais a organisé des festivités sur une dizaine de jours, du 17 au 26 mars, afin de célébrer le 101e anniversaire de Sheikh Mujibur Rahman, considéré comme le père fondateur de la nation, et les 50 ans de l’indépendance bangladaise (26 mars 1971). Les chrétiens bangladais ont notamment lancé une campagne nationale pour marquer le double anniversaire ainsi que les cinq ans de la publication de l’encyclique Laudato Si (24 mai 2015). L’Église locale a ainsi annoncé des plantations d’arbres dans tout le pays à cette occasion. De nombreuses activités pastorales ont été organisées dans tout le pays du 17 au 26 mars, dont des temps de prière, des célébrations, des séminaires et des événements culturels. Le 17 mars, les chrétiens bangladais se sont joints à leurs compatriotes lors des célébrations du 101e anniversaire de Sheikh Mujibur Rahman, également surnommé « Mujib ». Les Églises catholiques et protestantes bangladaises ont organisé des messes et prières spéciales à cette occasion, et les établissements scolaires catholiques ont organisé des programmes et séminaires afin d’honorer l’ancien dirigeant, qui a conduit le pays vers l’indépendance en 1971. Il a été assassiné en 1975 à Dacca avec presque toute sa famille. Le pays est aujourd’hui dirigé par sa fille, la présidente Sheikh Hasina.

« Il a toujours travaillé pour le bien du peuple »

Le 17 mars à Dacca, l’Association chrétienne du Bangladesh (le plus grand forum chrétien du pays) a organisé un programme spécial avec une messe et un colloque dans la paroisse du Saint Rosaire de Tejgaon. « L’Église locale a voulu rendre hommage au père de la nation », explique Mgr James Romen Boiragi, évêque de Khulna et président de la Commission des communications sociales de la Conférence épiscopales bangladaise. « Nous avons voulu insister sur la spiritualité de Mujib et la façon dont il a donné sa vie pour son peuple. Il a toujours travaillé pour le bien du peuple. En tant que Bengali, je suis fier qu’il soit né au Bangladesh », confie Mgr Boiragi, qui estime qu’il reste un manque de libertés et de pratiques démocratiques dans le pays, ce qui va à l’encontre des convictions de « Mujib ». Benedict Gomes, un enseignant du lycée catholique Saint-Joseph du diocèse de Rajshahi, salue la vie de l’ancien dirigeant comme exemplaire : « Les jeunes doivent apprendre davantage de choses sur sa vie et suivre son exemple au service de la nation. »

Sheikh Mujibur Rahman, né le 17 mars 1920, a étudié dans une école chrétienne du district de Gopalganj, à Dacca. Comme étudiant, il était actif politiquement, et il a rejoint la Ligue Awami en 1949. Sa vision d’une politique « proche du peuple » et son charisme l’ont conduit à gravir les échelons jusqu’à diriger le parti en 1970, avec une victoire historique et les premières élections générales depuis la partition de l’Inde en 1947. L’élite pakistanaise, alliée aux militaires, a refusé de céder le pouvoir à la Ligue Awami, entraînant des manifestations et des tensions violentes à l’échelle nationale. « Mujib » a été arrêté et les militaires ont réprimé les manifestants. Des rebelles bengalis, soutenus par le parti bangladais et par l’Inde, ont finalement obtenu l’indépendance en 1971, après une guerre sanglante qui a duré près de neuf mois. Libéré de prison, Sheikh Mujibur Rahman a formé un nouveau gouvernement en devenant le premier président du pays en 1972. Depuis son assassinat en 1975 et jusqu’en 1990, deux régimes militaires ont établi l’islam comme religion d’État et chassé le principe de laïcité de la Constitution. Le parti de la Ligue Awami, dirigé par Sheikh Hasina et au pouvoir depuis 2008, s’est efforcé de restaurer la Constitution originale de 1972. Le gouvernement a toutefois été accusé à plusieurs reprises d’autoritarisme et de non-respect de la liberté d’expression.

(Avec Ucanews, Dacca)


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