Eglises d'Asie

Dacca : plusieurs millions de jeunes bangladais sans travail à cause des restrictions sanitaires

Publié le 26/11/2020




Selon le Bureau national des statistiques, près de six millions de jeunes bangladais sont actuellement demandeurs d’emploi. L’agence bangladaise compte notamment plusieurs milliers de jeunes travailleurs à Dacca, la capitale, qui sont fortement affectés par les confinements et la situation économique. « Je n’ai touché mon salaire que pendant deux mois depuis le début de la pandémie », confie William Gomes, père de deux enfants et enseignant à Dacca, qui a perdu son travail quand son école a fermé. Face à cette situation, l’Église locale, dont la Caritas bangladaise, distribue des repas et une aide financière.

Selon le Bureau bangladais des statistiques, au moins six millions de jeunes bangladais sont actuellement sans travail. L’agence nationale compte également plus d’un million d’autres jeunes travailleurs embauchés dans des sociétés de conditionnement qui ont également perdu leur travail. Plusieurs milliers de jeunes habitant à Dacca, la capitale, doivent faire face aux conséquences économiques de la pandémie. Beaucoup d’entre eux aimeraient émigrer à l’étranger pour étudier, mais ne peuvent se permettre de quitter leur travail à cause de la situation sanitaire et économique. La plupart ont également subi des baisses de salaire. Face à cette situation, beaucoup d’entre eux sont tentés de baisser les bras. « Je n’ai touché mon salaire que pendant deux mois depuis le début de la pandémie », confie William Gomes, père de deux enfants et enseignant à Dacca. Après cela, « j’ai cessé de recevoir un salaire », explique-t-il. Il ajoute que depuis, il a perdu son travail quand son école a fermé.

Des salaires diminués de moitié

« Je survis dans une situation extrêmement délicate avec ma famille. Pour tenter de gagner un peu d’argent, j’ai commencé à vendre des repas et de la nourriture en ligne. Ça marche, mais ce n’est pas assez pour soutenir ma famille. Je prie Dieu sans cesse pour que la pandémie se termine et que je puisse trouver un meilleur travail dans une école », poursuit William. Kajol Corraya, de son côté, n’a pas perdu son travail, mais ses revenus ont diminué de moitié. Il travaille comme électricien dans un hôtel 4 étoiles de Dacca, dans la région de Gulshan. « Avant la pandémie, je pouvais gagner environ 30 000 takas [297 €] en comptant les pourboires. Mais aujourd’hui, je gagne seulement 15 000 takas [148,7 €], et je peine à rembourser un emprunt bancaire », confie-t-il. Par conséquent, il ajoute qu’il vit continuellement dans la crainte de l’avenir. « Je croule de plus en plus sous les dettes, cela devient invivable. De plus, je ne peux pas envoyer d’argent à mes parents âgés, qui vivent dans un village. »

 À cause de la pandémie, de nombreux secteurs économiques sont affectés, et pas seulement le tourisme et l’hôtellerie. Plus aucun secteur n’embauche actuellement, sauf dans le domaine de la santé. Mais même là, beaucoup de soignants ne parviennent pas à trouver de travail. Urmi Gomes, une infirmière qui a terminé ses études en janvier, en fait partie. « Je rêvais de trouver du travail après avoir obtenu mon diplôme d’infirmière, et de pouvoir aider ma famille à sortir de la pauvreté. Mais je ne trouve rien, c’est vraiment décourageant », regrette-t-elle. Face à cette situation Urmi a quitté la capitale pour retourner dans son village de Natore. Elle revient de temps en temps à Dacca pour des entretiens d’embauche. Comme elle, beaucoup de jeunes ont quitté la capitale où il est impossible de vivre sans salaire. Beaucoup d’organisations catholiques, dont Caritas, distribuent des repas et offrent une aide financière aux paroissiens dans le besoin, mais les besoins dépassent largement les initiatives de l’Église locale.

(Avec Asianews, Dacca)


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