Eglises d'Asie

Un groupe catholiques de Gazipur soutien la lecture chez les jeunes Bangladais

Publié le 25/02/2020




Le groupe Boiyer Daak (Appel des livres), un groupe de jeunes volontaires catholiques du village de Chorakhola, dans le centre du Bangladesh, a lancé un programme spécial à l’occasion de la Journée internationale de la langue maternelle. Le groupe, qui dépend de la paroisse catholique Saint-Jean le Baptiste, dans le district de Gazipur (à 50 km au nord de Dacca), organisait l’événement le 21 février en présence des responsables chrétiens et des autorités locales. Le programme comptait notamment une messe, une commémoration officielle des défenseurs de la langue bengalie, une compétition artistique et une foire aux livres, en lien avec le mouvement de soutien de la langue bengalie de 1952 et avec la guerre d’indépendance de 1971.

Un prêtre et une religieuse inaugurent la foire aux livres organisée par le groupe Boiyer Daak (Appel des livres), le 21 février au village de Chorakhola (Gaipur).

« Depuis deux ans maintenant, nous avons organisé cet événement parce que le mouvement de la langue bengalie est étroitement lié à notre héritage linguistique et littéraire », explique Pronob Stephen Costa, 27 ans, membre du groupe catholique Boiyer Daak (« Appel des livres »), qui a participé à l’organisation de la journée du 21 février, à l’occasion de la Journée internationale de la langue maternelle, en mettant la lecture et la langue bengalie à l’honneur. Boiyer Daak, un groupe de jeunes du village de Chorakhola, dans le district de Gazipur dans le centre du Bangladesh, a lancé un programme spécial avec notamment une foire aux livres et une commémoration des défenseurs de la langue et de la culture bengalie. « Cela fait partie du mouvement que nous avons lancé pour soutenir la lecture parmi les villageois, en particulier les plus jeunes », ajoute Pronob Costa. Le village de Chorakhola, qui compte environ 2 000 catholiques, est connu dans la région pour sa défense des différentes traditions culturelles et religieuses comme les pièces Kosther Gaan (Chants du serviteur souffrant) et Jishu Neela (représentation de la Passion de Jésus), jouées durant le temps du carême.

En 2007, un groupe d’étudiants et d’universitaires catholiques, menés par Dilip Thomas Rozario, a lancé le groupe Boiyer Daak. Dilip Rozario explique que le mouvement s’est créé quand les jeunes ont réalisé que « nos compatriotes sont très en retard comparés aux pays développés, voire même par rapport aux pays voisins, en termes d’habitudes de lectures, y compris concernant notre village natal ». Il ajoute que Boiyer Daak est destiné à encourager les villageois à lire davantage de livres, journaux et magazines, en organisant diverses activités tout en incitant les autres villages à reproduire le même modèle. « Plutôt que de s’attendre à ce que les gens viennent vers les livres, faisons en sorte que les livres viennent à eux », poursuit-il. À l’origine, le groupe s’est créé avec un financement de 25 000 takas (271,40 euros), grâce à divers dons privés ou institutionnels, et avec cinq membres appelés Boiseboks (littéralement « Serviteurs des livres »), chargés de développer le mouvement. Le fonds initial a été utilisé en grande partie pour acheter des livres et des étagères. Le groupe a également trouvé un espace disponible dans leur village pour doter leur club d’une bibliothèque et d’un local. On compte aujourd’hui six Boiseboks, dont Pronob Costa, qui dirigent les programmes du groupe, dont une collection de livres disponibles gratuitement et prêté aux particuliers chaque vendredi.

400 livres et 500 bénéficiaires

La bibliothèque compte 400 livres, et plus de 500 personnes ont déjà bénéficié des services gratuits du groupe. « De nombreux particuliers et bienfaiteurs originaires de notre village nous ont soutenus. Indirectement, nous sommes également soutenus par l’Église locale, par les écoles catholiques et par divers groupes de jeunes », ajoute Pronob Costa. Le père Bulbul A. Rebeiro, secrétaire de la commission des évêques bangladais pour les communications sociales, estime que le groupe Boiyer Daak est une initiative formidable dont les groupes d’Église peuvent s’inspirer. « Afin de soutenir la lecture chez les enfants et les adolescents, nous prévoyons de lancer une compétition, en se concentrant par exemple sur le nombre de livres qu’ils peuvent lire et commenter. Cette compétition peut être créée en lien avec les écoles et les établissements supérieurs. Ainsi, les étudiants peuvent progresser et finir par avoir l’habitude, une fois adultes, d’investir dans des livres », explique le père Rebeiro. « Les intellectuels et les personnes qui ont reçu une éducation solide, y compris les écrivains, ont un devoir moral. Quand ils offrent des cadeaux aux enfants, ils peuvent commencer par offrir des livres. Puis ils peuvent revenir vers eux pour découvrir ce qu’ils ont appris. Ainsi, d’une façon interactive, ils peuvent améliorer les habitudes de lecture chez les jeunes. »

(Avec Ucanews, Gazipur)


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