Eglises d'Asie

Diwali : les religions réunies pour la « fête des lumières »

Publié le 10/11/2018




Le festival hindou Diwali, célébré le 7 novembre au Pakistan, est aussi appelé la « fête des lumières ». Chaque année, c’est aussi un événement culturel pour tous les Pakistanais, et une occasion d’organiser des rassemblements interreligieux, comme celui qui a été lancé par le mouvement Rawadari Tehreek à la cathédrale anglicane de Lahore. Cette année encore, même si l’événement interreligieux s’est fait discret dans le cadre des tensions liées à la libération d’Asia Bibi, près de cinquante militants de diverses religions ont pris part à l’initiative.

Le groupe Rawadari Tehreek (Mouvement de tolérance) a organisé, mercredi 7 novembre, un rassemblement interreligieux à l’occasion du festival hindou Diwali, la fête des lumières, à la cathédrale anglicane de Lahore. Un groupe de cinquante militants chrétiens, musulmans et hindous à pris part à l’initiative du mouvement, en se rassemblement autour de lampes à huile. Le rassemblement s’est ouvert sur la récitation d’une prière par un « pandit » (prêtre hindou). Aroon Kumar, un étudiant de 24 ans de Lahore, la capitale du Pendjab, y était. Ancien coordinateur du Conseil hindou pakistanais, il assure que « le festival devient peu à peu un événement culturel au Pakistan, un pays dont la large majorité de la population est musulmane ». Suite aux tensions qui ont éclaté après l’annonce de l’acquittement d’Asia Bibi, le jeune homme suggère que « l’administration de la ville parraine le festival », qui « peut aider la société à renforcer les valeurs familiales ».

Samson Salamat, président de Rawadari Tehreek, explique que l’événement interreligieux s’est fait volontairement discret. « Nous ne l’avons pas annoncé sur les médias sociaux, mais ce n’était pas de gaieté de cœur. Dans les émeutes de ces dernières jours, beaucoup de gens ont subi de lourdes pertes », confie Samson, évoquant les troubles provoqués par les radicaux. Il affirme que « ce qui s’est produit dans la rue à travers le pays est contraire à l’enseignement de l’islam. Ces personnes utilisent la religion pour inciter à la violence. La « fête des lumières » représente l’espérance, ainsi qu’une opportunité de rassembler des fidèles de toutes les religions ».

Selon la tradition hindoue, le festival Diwali marque le retour du prince Rama à Ajodhya (Uttar Pradesh) après avoir vaincu le démon Ravana et secouru son épouse Sita ; des milliers de lampes les attendaient à l’entrée de la ville à leur retour. Rama représente la septième manifestation (avatar) du dieu Vishnu, et Sita l’incarnation de sa femme Lakshmi. Le festival Diwali, l’une des célébrations hindoues les plus importantes, marque également le début d’une nouvelle année ; c’est aussi l’occasion des réconciliations familiales, à l’intérieur des familles et entre voisins, amis et connaissances. Le Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux a envoyé un message pour l’occasion, au nom de l’Église universelle. En souhaitant ses meilleurs vœux pour l’événement, l’Église appelle les chrétiens et les hindous à avancer ensemble pour défendre les « plus vulnérables » au sein de la société.

(Avec Asianews)


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