Eglises d'Asie

Économie : Pékin, qui pourrait perdre 35 millions d’actifs d’ici 2025, augmente l’âge de départ à la retraite

Publié le 02/03/2021




Selon les chiffres publiés le 28 février par le gouvernement chinois, le pays risque de perdre près de 35 millions d’adultes actifs d’ici fin 2025. Dans cinq ans, les chinois de plus de 60 ans (l’âge actuel du départ à la retraite) seront plus de 300 millions selon les estimations, soit plus de 20 % de la population. Selon de nombreux observateurs, dont les Nations unies, cette tendance démographique sera difficile à inverser. Afin de tenter d’alléger le système de retraite chinois, Pékin a annoncé une augmentation de l’âge de départ à la retraite dans le cadre d’un plan sur cinq ans (2021-2025).

D’ici cinq ans, la Chine risque de perdre près de 35 millions d’adultes actifs, soit l’équivalent de la population d’un pays comme l’Arabie Saoudite : le déclin de la population active chinoise n’a pas cessé depuis 2012. Ces chiffres ont été publiés ce dimanche 28 février lors d’une conférence de presse organisée par You Jun, vice-ministre des Ressources humaines et de la Sécurité sociale. En tout, d’ici fin 2025, les Chinois âgés de plus de 60 ans – l’âge du départ à la retraite – seront plus de 300 millions, soit plus de 20 % de la population chinoise. Selon les estimations des Nations unies, Pékin a peu de chance de renverser la tendance : au cours des trente prochaines années, la population chinoise en âge de travailler devrait perdre près de 200 millions d’actifs.

Ainsi, le pays se retrouverait avec de nombreux retraités en plus qui toucheront des pensions de retraite : une véritable bombe à retardement pour la situation économique et sociale du pays. Les réformes économiques des quarante dernières années ont permis d’élever l’espérance de vie des Chinois à 77,3 ans en 2019 (80 ans dans les grands centres urbains). Comparé aux autres grandes économies mondiales, où l’âge de départ à la retraite est souvent fixé autour de 65 ans, le niveau fixé en Chine est bien plus bas : entre 50 et 60 ans, et ce depuis les années 1950. Dans le but d’éviter une implosion du système de retraite chinois, You Jun a annoncé que le gouvernement allait élever l’âge de départ à la retraite. Cette mesure fera partie d’un plan sur cinq ans (2021-2025), qui doit être approuvé officiellement durant la prochaine session annuelle de l’Assemblée nationale populaire chinoise, qui aura lieu en mars.

Appels à mettre fin à la politique de contrôle des naissances

Avec une économie ralentie, cependant, cette décision n’aide pas les jeunes demandeurs d’emploi à court terme. Une partie des dirigeants chinois estiment que le problème des retraites pourrait être résolu en renonçant aux limites imposées sur le nombre d’enfants par couple. Cette demande vient principalement des dirigeants des provinces qui comptent les taux de fécondité les plus bas (Liaoning, Jilin et Heilongjiang). Après 35 ans d’une politique de l’enfant unique, les couples chinois sont autorisés à avoir jusqu’à deux enfants depuis 2015. En 2016, le nombre de naissance a augmenté avant de diminuer à nouveau les années suivantes. Selon le ministère de la Sécurité publique, en 2020, on comptait 10,03 millions de nouvelles naissances en Chine (11,79 millions l’année précédente). Ces chiffres sont incomplets et ne comptent que les familles enregistrées dans le cadre du système hukou. Le Bureau national des statistiques doit publier le taux de fécondité officiel en avril, à l’issue du prochain recensement national. Selon plusieurs observateurs, la situation démographique sera difficile à inverser, ce qui risque de mettre les projets de Xi Jinping à l’épreuve. Le président chinois projette en effet de doubler le PIB et le revenu par habitant du pays d’ici 2035, et de dépasser les États-Unis comme première puissance économique mondiale d’ici dix ans.

(Avec Asianews, Pékin)


CRÉDITS

DR