Eglises d'Asie – Bangladesh
En l’absence de jour férié, les chrétiens bangladais fêtent Pâques en silence
Publié le 18/04/2019

Foi et traditions
Sagar Sonjib Corraya, un catholique bengali de 42 ans, vit dans la capitale depuis 1993, dans le quartier de Bhawal, dans l’archidiocèse de Dacca, l’un des plus anciens bastions catholiques dans le pays. Sagar Corraya travaille pour l’hebdomadaire catholique Pratibeshi, basé à Dacca. Il s’agit du seul journal catholique distribué à l’échelle nationale au Bangladesh. Pour lui, Pâques est l’occasion de renouveler sa foi et de renouer avec les traditions culturelles de sa communauté d’origine, dans le district de Gazipur au centre du pays. « Depuis mon enfance, j’aime notre façon traditionnelle de fêter Pâques, et les retrouvailles avec mes proches. Nous nous souvenons de la mort Jésus et de sa résurrection le troisième jour, pour nous libérer de nos péchés. C’est la fondation même de notre foi. » Le jour de Pâques, les catholiques des huit paroisses de Bhawal mangent un plat spécial composé de riz sec, de mélasse, de confiseries, de crème et de bananes – une tradition multiséculaire qui viendrait de l’hindouisme. Aux XVIe et XVIIe siècles, les missionnaires européens ont évangélisé plusieurs régions du Bangladesh actuel et de l’État indien du Bengale occidental. La plupart des premiers convertis dans la région venaient des castes hindoues inférieures. « Ce plat de Pâques est unique, et nous sommes fiers de conserver cette ancienne tradition. » Au Bangladesh, majoritairement musulman, les chrétiens représentent moins de 0,5 % de la population de 160 millions d’habitants. La plupart des 600 000 chrétiens du pays sont catholiques. Malgré leur petit nombre, ils sont respectés par les autres religions pour leur contribution au pays en matière d’éducation, de santé et de développement social. Durant des années, les chrétiens ont demandé au gouvernement d’ajouter Pâques à la liste des jours fériés dans le pays, en vain. « J’espère qu’un jour, le gouvernement comprendra que Pâques est l’une des fêtes religieuses les plus importantes pour les chrétiens, et qu’il prendra cela en compte », confie Mgr Gervas Rozario, évêque de Rajshahi.
(Avec Ucanews, Dacca)
CRÉDITS
Chandan Robert Rebeiro / Ucanews