Eglises d'Asie

Environnement : les pays du bas Mékong de plus en plus confrontés à la sécheresse et aux inondations

Publié le 19/06/2020




Le 16 juin, le MRC (Commission du Mékong) a publié son rapport annuel, en invitant les pays du bassin inférieur du Mékong (Birmanie, Thaïlande, Laos, Cambodge et Vietnam) à concentrer leurs efforts collectifs contre les situations climatiques extrêmes qui affectent de plus en plus la région. « Nous avons été durement frappés, ces derniers temps, par les sécheresses et les inondations, et cette situation exige une forte collaboration », a souligné An Pich Hatda, secrétaire exécutif du MRC. Près de 70 millions de personnes dépendent du fleuve et se retrouvent démunies face à la baisse du niveau du Mékong et des réserves de poissons. L’impact des changements climatiques ou des constructions de barrages sont également régulièrement cités comme causes majeures par les scientifiques et par les écologistes.

Les changements climatiques et les constructions de barrages sur le Mékong ont aggravé les inondations et les sécheresses sur le bassin inférieur.

Selon la Commission du Mékong (MRC), les pays du bas Mékong (Birmanie, Thaïlande, Laos, Cambodge et Vietnam) doivent mettre davantage l’accent sur la gestion des situations climatiques (sécheresses de plus en fréquentes, inondations et autres conditions extrêmes) qui menacent la région. « Nous avons été durement frappés, ces derniers temps, par les sécheresses et les inondations, et cette situation exige une collaboration plus forte », a souligné An Pich Hatda, secrétaire exécutif du MRC, dans le rapport annuel de l’organisation, publié le 16 juin. « Les pays situés dans le bassin inférieur du Mékong doivent redoubler leurs efforts collectifs afin de mieux lutter contre cette situation et préserver l’avenir, notamment en assurant la transparence, la qualité et l’exactitude concernant le partage des données », a-t-il ajouté. An Pich Hatda a également mis en évidence les graves sécheresses survenues dans le bassin inférieur du Mékong, qui ont entraîné de lourdes pertes économiques en raison des cultures détruites, des dégâts environnementaux et des conséquences sur les ressources des populations locales. Près de 70 millions de personnes dépendent du fleuve du Mékong, qui représente leur principale source de protéines, et se retrouvent démunies face à la diminution des réserves de poissons.

Baisse du niveau du fleuve et des réserves de poissons

Bien que le rapport parle peu de l’impact des changements climatiques ou des constructions de barrages au Laos et en Chine sur le fleuve, les deux sont cités par les scientifiques et par les écologistes comme causes majeures de la baisse du niveau du fleuve et des réserves de poissons. Malgré le fait que les cinq pays du bassin inférieur sont dirigés par des régimes autoritaires et militaires, le MRC affirme travailler plus étroitement avec divers partenaires afin d’améliorer la situation. Parmi ces partenaires, on compte notamment la Chine, la Mekong Lancang Cooperation (Lancang est le nom chinois du Mékong) et diverses organisations et communautés locales affectées. Dans son rapport, le MRC a présenté une stratégie contre les sécheresses, planifiée de 2020 à 2025, et se concentrant sur cinq priorités citées comme « problématiques » et nécessitant une « attention immédiate ». « Cela comprend un indicateur de suivi de la sécheresse, des prévisions des situations de sécheresse et des systèmes d’alertes, ainsi que des systèmes de partage d’informations », explique le rapport annuel.

11 barrages en construction sur le court principal

Au moins onze barrages sont prévus sur le court principal du Mékong, et 123 autres sont en construction le long de ses affluents. Le projet Xayaburi, qui est de loin le plus important d’entre eux, a été vivement critiqué par les pêcheurs du delta du Mékong. Encore d’autres projets de construction sont prévus. L’an dernier, le Secrétaire d’État américain Mike Pompeo a dénoncé les constructions de barrages sur le Mékong alors que sept projets étaient accusés d’obstruer le débit du fleuve. Dans son rapport annuel, An Pich Hatda dénonce « un débit extrêmement bas et de graves inondations » qui ont frappé différentes communautés le long du fleuve en 2019, et « de plus en plus de sécheresse dans plusieurs zones de la région » survenues ces dernières années. Pour lui, ce sont plusieurs signes des risques croissants menaçant le bassin inférieur du Mékong. « Pour améliorer la situation, il faut absolument concentrer les efforts régionaux en termes de prévisions des sécheresses et inondations, et développer un réseau de contrôle hydrométéorologique. »

(Avec Ucanews, Phnom Penh)


CRÉDITS

Ah Ny