Eglises d'Asie

Hong-Kong : les parlementaires pro-démocratie démissionnent après la révocation de quatre députés

Publié le 13/11/2020




Le 11 novembre, après la révocation de quatre députés pro-démocratie du Conseil législatif hong-kongais, au moins quinze parlementaires ont annoncé leur démission en signe de solidarité. Selon les parlementaires, la décision de Carrie Lam, cheffe de l’exécutif hong-kongais, « signe l’arrêt de mort de ce qui restait du système politique hong-kongais ». « J’ai déjà dit que si le fait de me battre pour la démocratie et les droits de l’homme devait me conduire à être révoqué, ce serait pour moi un honneur. Je le redis aujourd’hui », a déclaré Dennis Kwok, révoqué du Conseil législatif en mai 2020.

Le Legco, le siège du Conseil législatif de Hong-Kong (en avril 2020).

Ce mercredi 11 novembre, quinze parlementaires hong-kongais pro-démocratie ont annoncé leur démission après la révocation de quatre députés pro-démocratie par Pékin. Les parlementaires ont annoncé cette décision en signe de solidarité et afin de faire pression pour le suffrage universel dans la Région administrative spéciale chinoise. Le Congrès national du Parti communiste chinois a voté une nouvelle mesure pénalisant les parlementaires qui « soutiennent ou militent pour l’indépendance de Hong-Kong et qui refuse de reconnaître la souveraineté de Pékin dans la région ». Les quatre députés pro-démocratie ont été évincés dans ce cadre. Carrie Lam, cheffe de l’exécutif hong-kongais, a déclaré qu’ils n’avaient pas respecté leurs obligations en tant que parlementaires et qu’ils avaient rompu leur serment d’allégeance envers le gouvernement hong-kongais, dans le cadre de l’article 104 de la Loi fondamentale – qui sert de Constitution à Hong-Kong et qui a été adoptée il y a 23 ans, lors de la rétrocession de la ville à la Chine par le Royaume-Uni. « Aujourd’hui, nous annonçons notre démission, alors que nos collègues ont été révoqués brutalement et injustement par le gouvernement central », a déclaré Wu Chi-wai, président du parti démocrate hong-kongais. Pour les parlementaires pro-démocratie, Carrie Lam a « signé l’arrêt de mort de ce qui restait du système politique hong-kongais ».

Selon eux, le LegCo (le siège du Conseil législatif de Hong-Kong) et ses 70 sièges était, « malgré ses défauts, la dernière défense de Hong-Kong afin de représenter la démocratie et la promesse de donner le pouvoir aux Hong-Kongais ». Malgré un accord avec le Royaume-Uni, signé lors de la rétrocession de Hong-Kong et garantissant le respect de la démocratie et de l’autonomie hong-kongaise durant 50 ans sous la Loi fondamentale, la ville a subi l’assimilation culturelle imposée par Pékin. Entre la langue, l’éducation, la médecine, les tribunaux et les réformes politiques, les Hong-Kongais ont dû accepter des compromis au fil des années. Une tendance qui a poussé plusieurs centaines de milliers de militants pro-démocratie à manifester dans la rue pacifiquement, tandis que certains petits groupes extrémistes ont été accusés des violences avec la police hong-kongaise. « J’ai déjà dit que si le fait de me battre pour la démocratie et les droits de l’homme devait me conduire à être révoqué, ce serait pour moi un honneur. Je le redis aujourd’hui », a déclaré Dennis Kwok, révoqué du Conseil législatif en mai 2020. Robert O’Brien, conseiller à la sécurité nationale du gouvernement américain, a réagi en dénonçant une « violation flagrante » des engagements du Parti communiste chinois. Selon lui, « le principe dit ‘un pays, deux systèmes’ n’est plus qu’une couverture qui dissimule l’emprise du Parti unique sur Hong-Kong ».

(Avec Ucanews, Hong-Kong)


CRÉDITS

DR